Les olives et les pépins

Les dés sont donc jetés. Demain soir dimanche, le verdict électoral tombera. Les sondages ont beau s’accumuler, avec d’ailleurs souvent des résultats qui ne correspondent pas tout à fait, l’issue du scrutin est très incertaine, à l’heure d’écrire ces lignes.

A Bruxelles, si on veut reconduire confortablement un « olivier » PS-CDH, Ecolo, c’est à dire la coalition la plus progressiste possible, il faudrait que les partis concernés recueillent ensemble au moins le même nombre de sièges que dans le Parlement sortant. Il va sans dire que j’espère que ce sont surtout les résultats positifs d’Ecolo qui contribueront à ce qu’on y arrive.

Bon, vous me direz, le PS a (encore) raté sa conversion en un parti moderne, ces dernières années… Il y a cinq ans, Elio Di Rupo a mis à la tête de la Région Wallonne: Jean-Claude Van Cauwenberghe (Ministre-Président), Michel Daerden (Ministre du Budget) et José Happart (Président du Parlement Wallon). Trois hommes. Trois dinosaures. Trois politiques qui n’auraient pas dû passer le cap du 21ème siècle, tant leur vision de la gouvernance semble définitivement ringarde, à ranger aux oubliettes de l’histoire. A Bruxelles, Charles Picqué, s’il possède une incontestable envergure politique, semble être resté sur son discours de la fin des années 80 et ressasser les mêmes recettes un peu éculées. Il faudra sans doute attendre le prochain président ou la prochaine présidente du PS  pour espérer une modernisation qui touche autant les fondements que la façade du vieux parti, pour espérer que la nouvelle génération émerge réellement.

Oui, mais il y a un gros « mais », avant de considérer ce PS « non encore rénové » comme « infréquentable ». Car il reste incontestable que le programme social et économique du PS est plus compatible avec celui d’Ecolo que celui du MR. Que la vision de l’enseignement et de la formation du MR est pour le moins élitiste, tournée vers la performance et semblant oublier qu’il existe des handicaps sociaux et de la ségrégation sociale. Que l’écologie politique remet fondamentalement en question le modèle de l’économie libérale de marché, qui a conduit la planète à un certain « développement », mais aussi à une augmentation des écarts entre riches et pauvres, ainsi qu’à des désastres écologiques infinis. Or, ce modèle libéral est, chez nous, surtout porté par le MR.

A ceux qui pensent que le PS est incapable de se rénover et d’enfin faire des pas vers la bonne gouvernance et une vision moderne et émancipatrice de faire de la politique et qu’il faut donc ne pas s’allier avec ce parti, j’ai envie de leur demander s’ils pensent que le MR est capable de « tordre » suffisamment son credo libéral pour rendre ses objectifs politiques en tant soit peu compatibles avec ceux des écologistes, concernant l’économique, le social et l’environnemental. C’est un sacré pépin, cette quasi incompatibilité « génétique » entre écologie politique et libéralisme économique…

Entre les olives et les pépins, il est probable que les écologistes aient à choisir, au lendemain des élections. J’espère sincèrement que nous ferons le choix le plus digeste.

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5 réflexions sur “Les olives et les pépins

  1. Bonsoir Alain,
    A cette heure-ci (20h20) je compte que tu es 19ème en voix de préférence (si je calcule bien, suis nulle en maths LOL). Je ne sais pas si ce sera suffisant pour que tu sièges. Mais bravo pour ta campagne!
    N.

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