Social et santé : l’intérêt des Bruxellois est passé derrière les intérêts partisans

Comment permettre aux personnes âgées de vivre chez elles le plus longtemps possible en toute quiétude ? Comment faciliter l’accès des personnes handicapées aux aides auxquelles elles ont droit ? Quelles politiques de prévention mettre en place, par exemple en matière de maladies sexuellement transmissibles ou de cancer ? Autant de questions qui n’ont pas l’air d’être liées, et qui pourtant le sont considérablement suite à la 6e réforme de l’État. C’est le débat qui nous a occupés au Parlement bruxellois ce vendredi 21 novembre.

Condom_traffic_lightEn effet, la dernière réforme institutionnelle transfère d’importantes politiques du fédéral vers les Régions et Communautés. À Bruxelles, rien n’étant jamais simple, certaines compétences sont transférées vers la Commission communautaire commune (Cocom), d’autres vers la Commission communautaire française (Cocof). Mais cette dernière peut décider, si elle le souhaite, de transférer elle-même l’exercice de certaines matières à la Cocom, qui s’occupe de tou-te-s les Bruxellois-es (et pas uniquement des francophones).

Viser la qualité, garantir les financements

C’est l’option que nous défendons depuis plus d’un an avec Groen, notre parti frère néerlandophone. Car quoi de plus absurde qu’une personne âgée payant un tarif différent selon qu’elle est hébergée dans une maison de repos « francophone » ou « néerlandophone » ; qu’un service soumis à des normes d’agrément différentes selon qu’il choisisse la Cocof, la Cocom ou la Communauté flamande ; qu’une campagne sur l’alimentation saine rédigée uniquement en français ou en néerlandais dans une ville réputée pour son cosmopolitisme ?

Nous plaidons donc pour qu’une seule institution, la Cocom, s’occupe de l’ensemble des politiques sociales et de santé : la promotion de la santé (éducation à la santé, campagnes de sensibilisation, etc.), la prévention (dépistages du cancer, vaccination, etc.) et les soins (santé mentale, maisons médicales, etc.), mais aussi l’aide aux personnes âgées ou aux personnes handicapées.

C’est pour nous le meilleur moyen, si pas le seul, d’offrir un service de qualité à la population, qui ne devra plus ainsi s’encombrer de savoir à quelle porte frapper selon qu’elle soit francophone ou néerlandophone. C’est en outre le choix qui garantit le plus le financement de ces politiques essentielles pour les Bruxellois-es : à terme, la Cocof aura en effet de moins en moins de marges budgétaires pour ces politiques, tout le monde le reconnaît.

Le FDF dresse les barrières

Malgré ce constat, la majorité bruxelloise (PS-FDF-cdH) s’encombre d’obscurs prétextes techniques et juridiques (dont la plupart n’ont aucun fondement, telle l’affirmation erronée de la ministre Jodogne selon laquelle il faudrait changer la Constitution pour faire « migrer » les services sociaux et de santé vers la Cocom) pour conserver le plus de compétences possible à la Cocof. Cela a été tout à fait clairement exprimé en plénière du Parlement francophone (Cocof) ce 21 novembre; une plénière spéciale « 6ème réforme de l’Etat » organisée à l’initiative d’Ecolo. Le choix est fait de continuer à cloisonner des politiques qui devraient être pensées globalement à Bruxelles. Visiblement, chacun préfère garder sa petite parcelle de pouvoir plutôt que de construire une politique sociale et de santé globale et ambitieuse à Bruxelles !

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