La politique de cohésion sociale, c’est du sérieux, Mr Vervoort !

Ce matin, Rudi Vervoort, a dû reconnaître que tous les acteurs de la cohésion sociale avaient travaillé dans l’urgence à leur demande de subvention pour 5 ans sur un document erroné ! De plus, certaines exigences menacent gravement des acteurs tout-terrain dont le travail est apprécié. Les actions « Vivre ensemble » sont limitées à 15%. Le travail spécifique avec les femmes en danger. L’onde de choc post Charlie n’ aurait-elle pas mérité qu’on se pose et redéfinisse au mieux avec les concernés ce programme important ?

Comme tous les cinq ans, les associations actives dans le domaine de la cohésion sociale à Bruxelles doivent introduire pour fin février leur demande de subventions dans le cadre de cette politique. Sont concernées : 230 associations réparties sur 13 communes dites « fragilisées », à se partager un budget de 8,8 millions d’euros via la Cocof.

La tension monte dans les secteurs et au sein des coordinations communales, ce qui a motivé une interpellation de ma part en plénière du Parlement francophone bruxellois ce vendredi 30 janvier.

Les motifs d’inquiétudes et de mécontentement sont en effet nombreux.

Tout d’abord, l’appel à projets a souffert d’un manque évident de professionnalisme. Les communes ne connaîtront les montants financiers dont elles vont disposer dans le cadre des programmes communaux de cohésion sociale (programmes impliquant eux-mêmes les ASBL actives sur le territoire communal) que le 1er mars. Et ce, alors qu’elles vont devoir introduire un dossier avec des priorités spécifiques (et donc faire des choix conditionnés aussi par des budgets… inconnus) pour le 28 février !

De plus, le document qui spécifie les règles et actions recevables dans le cadre de l’appel à projets qui a été envoyé aux associations le 23 décembre dernier n’était pas le bon… il ne correspondait pas aux décisions du Gouvernement. Conséquence : nouvelle mise en ligne et nouvel envoi de documents modifiés, avec des exigences différentes, en plein milieu de la procédure, alors que les associations et communes sont en plein travail de rédaction de leurs projets. Rudi Vervoort a honnêtement admis cette erreur à l’occasion du débat au Parlement, mais cela ne suffit pas à la répfete du printempsarer. Nous avons demandé à Mr Vervoort de temporiser. La procédure peut être gelée et les délais modifiés afin de repartir sur de bonnes bases et concerter les associations sur les points problématiques.

 

Des exigences dont on cherche le sens

Ensuite, les exigences quantitatives de cet appel à projets ne sont pas sans conséquences… A Schaerbeek, par exemple, ce sont près de 10 associations sur les 33 actuelles qui pourraient bien ne plus répondre aux nouvelles conditions (augmentation du nombre d’heures, du public, resserrage sur un nombre limité d’activités, etc.). Autant d’exigences qui vont écarter d’office une série de petites associations plus généralistes, de maisons de quartier amenées à travailler sur un nombre diversifié d’activités.

Autre point d’achoppement : les actions de vivre ensemble, c’est-à-dire les activités basées réellement sur le travail socioculturel de quartier, sur la rencontre et la mixité. Elles sont limitées à 15 % des activités pour le volet communal des contrats de cohésion sociale. Si nous avons salué le retour de cette priorité, qui avait disparu sous le précédent quinquennat, quel sens, cela a-t-il de la limiter à 15 % ? S’il y a bien des activités à privilégier dans le contexte actuel, ce sont celles-là !

Enfin, parmi les priorités transversales de l’appel à projets figure entre autres, l’exigence d’une mixité de genre. Nous sommes évidemment ardents défenseur de l’égalité des genres, mais nous pensons aussi qu’il est important que des associations puissent continuer leur travail d’émancipation avec un public non mixte qui, sans cela, ne participerait pas à ces activités. Or, à lire les règles de l’appel à projets, ces projets pourraient aussi passer à la trappe : ils concernent notamment, mais pas seulement, de nombreux cours d’alpha, de français langue étrangère et de travail intracommunautaire. Oui au soutien à de vrais échanges, mais la fin d’un travail avec des groupes spécifiques serait un retour en arrière. D’ailleurs, pas plus tard que la semaine passée, Hadja Lahbib a présenté dans l’hémicycle du Parlement bruxellois son nouveau film «  Patience, Patience… T’iras au paradis », qui est un véritable plaidoyer pour le travail spécifique avec les femmes et même entre femmes, dans une optique d’émancipation et d’ouverture. Devant la réalisatrice et devant les groupes de femmes présents, tous les groupes politiques avaient alors reconnu l’importance de ce travail spécifique…

Alain Maron,
chef de groupe Ecolo Cocof/Cocom

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