Samusocial : toujours plus de budget, toujours moins de véritables solutions pour les SDF

 

Une fois de plus et comme chaque année, le Samusocial, asbl dépendant du CPAS de la Ville de Bruxelles et présidée par Yvan Mayeur, a demandé d’augmenter le nombre de places du dispositif hivernal. 500 places supplémentaires ont ainsi été accordées, portant le nombre de places disponibles à 1400 (on en comptait 414 durant la période hivernale 2009-2010). Cette augmentation croissante du nombre de lits ces dernières années, n’a pourtant jamais réussi à désengorger le secteur. C’est ce qu’on appelle chez les associations d’aide aux sans-abri, la politique du thermomètre.

Or, depuis dix ans, la Région bruxelloise n’a cessé de pratiquer cette politique du thermomètre en augmentant le nombre de lits et donc les budgets. Ils ont quadruplé en 6 ans, rien qu’en 2015, on est passé de 3.936.000 € à 9.621.000 € pour les politiques d’urgence sans-abri dont le Samusocial capte les 9/10e et s’arroge plus de la moitié du budget total dédié au secteur sans-abri ! Et l’on ne compte même pas les 5 millions que la Région vient d’investir dans un bâtiment pour le Samu qui n’y paiera aucun loyer…

Changer de paradigme vers une politique pour diminuer le nombre de SDF

Certes, cette surenchère peut donner l’illusion d’une politique volontariste et humaine, mais ce n’est tout au plus qu’une solution temporaire et ne peut certainement pas être considéré comme une fin en soi. De nombreuses voix, en France comme chez nous, se sont élevées pourtant ces dernières années, contre cette politique démonstrative, médiatique mais non efficace de l’urgence. A l’instar de Dublin, Copenhague, Londres, ou encore Stockholm, des alternatives à l’urgence sociale de masse émergent aussi chez nous et présentent des résultats pour le moins encourageants, comme le housing first (qui vise à mettre les publics les plus précarisés directement dans des logements, avec un accompagnement social) dont le coût en termes d’accompagnement est singulièrement moins élevé que le coût d’un lit d’urgence. Sans oublier non plus que de nombreux professionnels bruxellois travaillent déjà depuis de nombreuses années, à de petites échelles, sur des projets d’accès direct au logement, d’habitat accompagné, communautaire, etc. Mais pour eux, aucun budget supplémentaire ! Normal, le Samu a tout mangé.

photo samusocialAu contraire, le dispositif Housing first voit ses budgets fédéraux supprimés et son budget bruxellois diminuer par rapport à l’année passée. Sans compter que le Samu a même réussi à pomper un tiers des déjà bien maigres 420.000 euros du budget Housing first pour un projet destiné aux jeunes sans-abri qui ne rentrent pas dans le public cible du housing first. Des choix budgétaires en désaccord avec les orientations politiques proclamées des ministres en charge de l’Aide aux personnes dont Mme Frémault qui nous avait pourtant affirmé en septembre de cette année : « En 1980, l’accent était principalement mis sur les thématiques d’urgence, l’accueil nocturne des sans-abri et la problématique de la période hivernale. La volonté aujourd’hui est de changer cette orientation en soutenant davantage le travail d’insertion par le logement  ». Discours de façade ?

Le Samusocial, pré carré socialiste

Nous plaidons depuis longtemps pour ce changement de paradigme qui consisterait à accorder moins de moyens aux politiques d’urgence afin d’en consacrer davantage aux dispositifs permettant de sortir définitivement les personnes de la rue. Mais on en est loin ! Avec tous les moyens au Samu, la politique d’aide aux sans-abri reste coincée dans une logique humanitariste et non d’émancipation et tant que le PS sera au pouvoir, cela ne risque pas de changer. Il y a une alliance politique entre Laurette Onkelinx et Yvan Mayeur pour développer le hochet du bourgmestre de Bruxelles qui a une mainmise sur tout le secteur. Pratique ! Ils décident la politique sans-abri de la capitale sans devoir rendre de comptes à personne puisqu’ils ne siègent pas à la Région mais que celle-ci allonge dés que Mayeur gratte à la porte. Pire encore, à écouter Pascal Smet  – autre valet de la ville de Bruxelles et ministre régional de l’Aide aux personnes – développer sa stratégie en matière de dispositif hivernal, les places supplémentaires créées dans le nouveau bâtiment du Samu serviront surtout à vider le piétonnier et les stations De Brouckère et Bourse de leurs sans-abri en les parquant dans de vastes dortoirs, bien loin du Marché de Noël. Dormez braves gens, vos rues seront nettoyées…

 

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