Budget régional 2016 – Mobilité, logement, qualité de vie : on attend, on renonce, on enterre

Financièrement, la Région se porte bien, merci pour elle. La 6e réforme de l’État et le juste financement de Bruxelles sont passés par là. Pas besoin pour le gouvernement bruxellois de se saigner, de sabrer, d’opérer des arbitrages douloureux. Les moyens sont bien présents et les marges budgétaires pour mener des politiques qui soient ambitieuses existent.

Mais pour Ecolo, il manque une vision qui ne soit pas seulement planologique, un projet mobilisateur pour les Bruxelloises et les Bruxellois. Un projet qui s’adresse à eux.

Un projet qui placerait la qualité de vie des habitants au cœur des politiques, où les espaces publics rimeraient avec convivialité (pas forcément un projet de commercialisation du centre-ville qui éclipse le projet régional) ; une région où on développerait des transports en commun en site propre et en surface, confortables et aux fréquences élevées ; une région où l’on agirait efficacement pour réduire la pression automobile, contre le bruit, pour assurer une meilleure qualité de l’air, où on œuvrerait concrètement pour résorber une dualisation toujours croissante…

Logement : renoncement

L’accès à un logement adapté (taille, localisation) et salubre est de plus en plus difficile pour un nombre croissant de Bruxellois, pourtant le budget que la Région y consacre est… en baisse. Et ce pour la première fois en 10 ans ! C’est le monde à l’envers ! De 2006 à 2014, le budget logement avait bondi de 3,8 % à 5,4 % du budget régional. Le budget total de liquidation en logement diminue de 5,8 millions entre 2015 et 2016. Pour Alain Maron : « Le logement n’est, de fait, plus une priorité budgétaire ! Alors qu’il y a 3.000 logements vides et en attente de rénovation, la diminution des budgets rénovation logements sociaux (30 millions en moins) est tout bonnement incompréhensible. Il s’agit d’un renoncement coupable ». Pour Ecolo, ce n’est évidemment pas en sabrant dans les budgets qu’on trouvera une solution, c’est en faisant en sorte que la SLRB, les SISPs et l’ensemble des acteurs concernés disposent des outils (qui ont déjà été améliorés sous la législature précédente) nécessaires et avancent ! Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2014, la matière du bail est régionalisé. Qu’attend le gouvernement pour réguler le marché locatif et protéger ainsi les locataires qui sont impactés par le saut d’index ?

Environnement : rattrapage

En matière d’environnement, et après avoir honni les politiques antérieures et sabré dans les budgets en 2015, le gouvernement fait machine arrière. Il prend conscience de la pertinence et de l’importance des jalons posés depuis plus de 10 ans, tout comme du travail accompli par l’associatif. Face à l’urgence climatique, il faudra non seulement respecter les engagements internationaux mais surtout profiter de cette formidable opportunité pour améliorer la qualité de vie des Bruxellois : la qualité de l’air, l’environnement, la mobilité. Si en matière de propreté, le volontarisme est de rigueur avec l’engagement de 300 agents supplémentaires, la gestion des déchets est par contre, comme le déplore Arnaud Pinxteren : « toujours sujette à des budgets fantaisistes et une vision du passé consistant à recourir toujours trop systématiquement à l’incinération sans encourager suffisamment le tri et la valorisation ».

Mobilité: enterrement

En mobilité, le Ministre ne présente aucun projet neuf ou concret, il évite surtout de repenser le partage de l’espace public pour ne pas toucher aux voitures. On continue à investir dans de nouvelles infrastructures souterraines qui ne seront réalisées qu’à long terme pendant que l’entretien et la sécurisation des tunnels et métros existants se taillent la part du lion dans les budgets actuels.

Le métro Nord continue de manger des budgets d’étude alors qu’on n’a toujours pas de réponses sur son financement. Ce projet ne sera au mieux réalisé que dans 10 ans.

Les coûts d’entretien et de rénovation des ouvrages souterrains, qu’il s’agisse de tunnels routiers ou de métro et stations de métro monopolisent une grande partie de budget pour les années à venir. Et pourtant on s’entête à vouloir creuser encore et toujours. Car outre le métro Nord, il reste les projets des tunnels Meiser et Fonsny. Dans les deux cas, on parle de réalisations qui ne seront pas opérationnelles d’ici la fin de la législature. Pour Céline Delforge : « Cette législature est celle des lendemains qui chantent. Les réalisations à plus court terme sont celles qui étaient déjà entamées lors de la législature précédente, telle la prolongation du tram 94 ou la création du tram 9 »

Le budget dédié aux aménagements de surface en vue d’améliorer la fluidité du trafic des bus et des trams est revu à la baisse alors qu’il s’agit d’investissements rapides à réaliser et qui apportent des améliorations tangibles ! »

Enfin, on doit constater que les projets abandonnés s’accumulent, sous divers prétextes. Qu’il s’agisse du tunnel voitures à Meiser, abandon dont nous nous félicitons mais qui est plus dû à un manque d’argent qu’à une soudaine lucidité du Gouvernement, du tram 71 ou de l’automatisation du métro existant, ce qui aurait permis d’optimiser l’infrastructure existante.

Zoé Genot, cheffe de groupe Ecolo
avec Alain Maron, Arnaud Pinxteren, Céline Delforge, députés

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