L’exercice de la psychothérapie réduit et cadenassé, des institutions menacées dans leur travail

Ce jeudi 30 juin, le Parlement fédéral a voté une loi « réglementant les professions de soin de santé mentale », qui change fondamentalement les orientations de la loi de 2014 sur le même objet, qui elle, était pourtant issue de 15 ans de concertation et largement soutenue politiquement (y compris par Ecolo-Groen depuis l’opposition). Cette fois-ci, la loi fédérale est largement et légitimement contestée par nombre de professionnels et fédérations. Pour Ecolo, Muriel Gerkens, députée fédérale, est fortement monté au créneau contre le texte.

En fait, il s’agit clairement par cette nouvelle loi de réduire le champs de la psychothérapie aux méthodes comportementalistes, au détriment de méthodes systémiques et analytiques. De catégoriser les « bons » psy qui seront plus facilement accessibles et dont les prestations pourront faire l’objet de couverture sociale et remboursement et les « mauvais ». Il s’agit aussi d’inscrire les patients dans des parcours balisés. Or, avec beaucoup d’autres, nous pensons chez Ecolo qu’il est impératif de maintenir un accès optimal, pour tous les publics, y compris les précaires, à une diversité d’approches. Toutes les méthodes psy ne conviennent pas à tout le monde, ni à toutes les situations. L’efficacité globale de la politique de santé mentale repose au moins en partie sur l’existence de cette diversité d’offre thérapeutique.

Les entités, dont la Cocof, doivent réagir !

CmROy-lVIAEU5GPJ’ai interpellé ce vendredi 1er juillet Cécile Jodogne en tant que Ministre de la santé au Gouvernement francophone bruxellois (Cocof). De nombreux services subventionnés et soutenus par la Cocof et les autres entités pourraient en effet voir leur action mise à mal. Je pense aux centres de santé mentale, aux maisons médicales, aux centres de planning familial… Dans ces services, se mêlent des  diversités d’approches psy. Les législations spécifiques liées à ces services, dans le cadre de leur financement, permettent d’ailleurs une pluralité de diplômes pour les professionnels qui s’occupent de la santé mentale. Car il est évident que si les diplômes sont en soi important, ce sont aussi (surtout ?) toutes les formations complémentaires qui jouent, ainsi que l’expérience, pour faire un « bon psy », une « bonne psy ».

Du côté Ecolo, nous avons demandé que les entités fédérées tapent du poing sur la table. Le Gouvernement fédéral n’a en effet mené aucune concertation avec ces entités, tout en élaborant une législation qui impacte directement leurs politiques. Nous pensons que les entités fédérées doivent de toute urgence mettre le point à l’ordre du jour d’un comité de concertation pour, à tout le moins, avoir leur mot à dire au niveau des arrêtés qui mettrons en œuvre cette nouvelle loi, afin d’en réduire les impacts négatifs. Par ailleurs, les voies de recours qui permettraient de casser cette loi néfaste doivent aussi être envisagées dès à présent !

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