Signalétique enfants (non) admis : un scénario complètement ubuesque

Depuis le 1er juillet 2014, ce sont les Communautés (et la Cocom à Bruxelles) qui sont compétentes pour le « contrôle des films ». Ce contrôle est exercé, sur la base d’une législation de 1920 qui, par défaut, interdit tous les films aux moins de 16 ans ! Dans les faits, une commission de contrôle des films donne des visas « enfants admis » à quasiment tous les films, mais sans devoir justifier ses décisions.

Cette commission intercommunautaire est, en réalité, hébergée par la Communauté flamande, bien que sa composition soit linguistiquement mixte et sa tutelle fédérale jusqu’au 30 juin dernier. Rien ne changera avant que les entités exercent de fait leur compétence et se soient mises d’accord via un accord de coopération. Délai prévu : un an !

Signalétique - 16 ansEn compagnie de ma collègue Annemie Maes (Groen), j’ai interpellé, ce mercredi 11 février, Pascal Smet (SPa), ministre en charge de la matière avec Céline Frémault (cdH), a décrit une situation ubuesque. La commission de contrôle ne dispose en effet plus de coordination depuis 2009, la dernière coordinatrice en date ayant pris sa retraite ; la compétence bénéficie d’un seul travailleur à temps partiel et… d’aucun budget. Les membres de la commission, plus d’une centaine, ne se réunissent pas, travaillent de manière entièrement bénévole, sans véritables lignes directrices et ne rendent pas publiques la teneur ni la motivation de leurs avis !!

Pour Ecolo et Groen, il est urgent de mettre en place une politique moderne de signalétique sur les films. L’heure n’est pas à instaurer des interdictions, mais les parents sont demandeurs de balises quand ils doivent décider si tel ou tel film est opportun et adapté pour leur enfant.

Concrètement, il faut rapidement :

– revoir la législation de 1920 en matière de contrôle des films, obsolète et dépassée et… toujours en vigueur ;

– disposer d’une signalétique identique pour toutes les communautés, que ce soit pour le cinéma, la TV ou les DVD, ce qui n’est pas le cas actuellement ;

– mettre en place d’urgence une corégulation du contrôle des films entre les communautés.

La Cocof complice d’un « peace-washing » d’Israël ?

Ce vendredi, en plénière du Parlement francophone bruxellois, j’ai interpellé Fadila Laanan, Ministre-Présidente de la Cocof par rapport au soutien de cette même Cocof accordé au Brussels Jewish International Film, qui s’est tenu du 28 octobre au 2 novembre dernier. Cette année, l’édition était dénommée « Sous un même soleil » et devait mettre en exergue des exemples de paix ou coopérations entre Juifs et Arabes en Palestine et en Israël.

Problème potentiel, l’événement est sponsorisé aussi par l’ambassade d’Israël et celle des Etats-Unis (et non par l’Autorité palestinienne). Découvrant ce fait, l’UPJB a d’ailleurs retiré son soutien au festival.

sponsor jewish film festivalLe soutien de ces deux ambassades peut laisser à penser que ce festival subit une forme de récupération politique, alors que la situation sur le terrain est catastrophique et que l’Etat israélien porte une responsabilité active dans cette situation. Que vient dès lors faire la Cocof dans cette affaire; les soutiens pouvant laisser à penser qu’on a affaire à une forme de « peace-washing » de la part d’Israël et des USA, nonobstant la qualité artistique des films projetés ? L’intérêt pour Israël étant de se faire une belle image à l’extérieur…

Mme Laanan préfère elle ne pas se poser des questions : « La Cocof soutient le festival parce qu’il est en accord avec ses valeurs ». Circulez, il n’y a rien à voir… Et vive la (soi-disant) paix !

Saint-Gilles « métropole culturelle 2014 » ? Chuuuutttt… !

Lors du Conseil communal du jeudi 30 juin dernier, j’ai interpellé Martine Wille (PS), Bourgmestre ff et échevine de la Culture par rapport à la candidature de Saint-Gilles comme « métropole culturelle » de la Communauté française en 2014. Une candidature que les conseillers ont apprise… via la presse (voir cet article de La Libre). Le Collège n’avait même pas estimé bon ne fût-ce que d’informer le Conseil communal…

En 2014, une commune bruxelloise sera en effet désignée comme « métropole culturelle », ce qui lui donnera droit à une subvention de 700.000 euros. A charge de cette commune, un cofinancement équivalent à 1 euros par habitant. A noter que les communes ont la possibilité de déposer des candidatures conjointes. La procédure de désignation est en cours : les communes candidates ont dû déposer leur dossier le 1er juin dernier. Il va sans dire que, pour la commune finalement désignée, c’est une formidable opportunité au niveau de l’image; mais surtout, cela permet de stimuler encore plus, autour d’un projet collectif, la créativité culturelle des acteurs locaux.

Mes questions au Conseil communal ont porté sur :
– Le programme d’activités prévisionnel qui se trouve dans le dossier de candidature: que prévoit-il ? Concrètement, qu’est-ce que Saint-Gilles propose de faire en tant que « métropole culturelle » ?
– Les contacts avec l’associatif. Il semble en effet important que cette candidature soit portée par un maximum des nombreux acteurs culturels saint-gillois : qu’est-ce qui  a été mis en place pour les mobiliser, les impliquer ?
– Le fait que Saint-Gilles porte bien cette candidature seule (comme stipulé dans l’article de La Libre), alors qu’il nous revenait que la candidature était conjointe avec Forest.

Les réponses apportées par Martine Wille ont été pour le moins lacunaires et peu enthousiastes.

Elle a confirmé que la candidature était conjointe avec Forest. Sur le programme elle n’a rien dit, si ce n’est qu’il y aurait des choses ponctuelles et d’autres plus structurelles ! Concernant l’implication des acteurs culturels, il serait trop tôt. De toute façon, le dossier a été rédigé par un « expert » extérieur. La Bourgmestre a aussi insisté sur le fait que, outre qu’il s’agissait d’une opportunité, il ne fallait pas négliger les coûts d’une telle opération pour la commune. Si je veux voir le dossier ? Elle verra si elle daignera me l’envoyer… sinon, je n’aurai qu’à aller le consulter dans les services pendant les heures d’ouverture !

A vrai dire, à suivre le débat au Conseil communal, on a quand même eu l’impression que cette candidature était bien « légère ». On n’en parle pas, on ne peut pas en parler et elle ne semble pas soutenue par grand monde… même pas par la Bourgmestre et Echevine de la culture elle-même !

Au final, une occasion manquée pour Saint-Gilles ? La Communauté française révèlera l’heureuse commune élue en septembre.