Handicap, crèches, primo-arrivants : la politique du petit braquet

Le mois d’octobre est traditionnellement le mois des déclarations de politique générale dans les différents parlements. Ce vendredi, c’était le tour de la Commission communautaire française avec quelques effets d’annonce concernant la politique d’accompagnement des réfugiés et les crèches à Bruxelles, ainsi que le recyclage d’un certain nombre de mesures de la législature précédente. Vous trouverez ci-dessous mon intervention, pour le groupe Ecolo.

La Cocof, est devenue, le petit poucet. 425 millions euros de budget, versus plus d’un milliard du côté de la Cocom, la 6e reforme est passée par là. Ce n’est pas mentir que de dire que les compétences se sont restreintes et avec une entité ainsi délestée, on eût peu penser que vous alliez enfin prendre un peu d’altitude. Manifestement, vous avez décidé de ne pas quitter le plancher des vaches. Alors, oui, certes, pensant sans doute que vous étiez toujours à la tête d’un Empire – d’un petit Empire, mais un Empire quand même -, vous nous avez sorti la nouvelle bannière Cocof. En guise de politique cette année, nous avons donc eu droit à un nouveau logo. Que vous n’avez pas encore véritablement transformé en drapeau officiel ceci dit… heureusement… Sa traduction en langage héraldique devant valoir son pesant de cacahuètes…

francocophonesUn petit empire, mais peu d’ambitions et encore moins d’actions. Aucun projet de texte ni même aucune annonce… Ca ronronne… Rien qui ne décolle.

Dans votre discours : des valeurs qu’ on peut largement partager, mais aussi des effets d’annonces, des recyclages d’anciennes décisions.

Quant au budget il nous ramènera aussi au plancher des vaches, c’est une certitude. La Cocof reste dans son carcan et celui-ci pèse lourd sur les secteurs, fini le refinancement, fini le tour de passe passe du Civa qui a permis de financer la formation et plus possible d’avoir un tel encours crèches, les places doivent être créées. La Cocof quémande à la Région qui lui attribue 30 millions (à moins que ce ne soit qu’une partie de 30 millions… on connaît la clef 80/20 au niveau de la dotation des commissions communautaires)

Institutionnel

Je ne m’y attarderai pas longtemps, mais un mot quand même sur l’institutionnel. Cette année 2015 a été marquée par le basculement d’un certain nombre d’institutions de la Cocof vers la Cocom dans le cadre de la 6e reforme. Vous reconnaîtrez qu’ici aussi vous avez choisi la formule ad minima, loupant ainsi l’opportunité d’avoir en Cocom une vraie politique sociale et santé cohérente et reflétant ainsi les dissensions du Collège. Notre choix était clair, nous l’avons déjà expliqué au sein de cet hémicycle : maximiser la Cocom et la Région et viser la suppression progressive des tranches de lasagne institutionnelle. Mis à part le basculement des maisons de repos et de soins de la Cocof vers la Cocom et quelques autres services (dont des Initiatives d’Habitations Protégées), pour le reste, nous demeurons quelque peu sur notre faim puisqu’aucun autre secteur n’a été clairement visé et encouragé à glisser vers la Cocom.

En passant, vous ne dites mot dans votre déclaration sur l’avenir des fonctionnaires Cocof qui ont vu les institutions qu’ils avaient autrefois en charge basculer vers la Cocom, je songe ici notamment au service d’inspection des maisons de repos mais à d’autres encore… Il restent donc à la Cocof ? Sans missions, ce qui serait absurde (y compris pour eux-mêmes) ?

Qui dit 6e réforme, dit aussi OIP, le monstre du Loch Ness, celui dont tout le monde parle mais qu’on ne voit jamais surgir. Où en est le groupe de travail qui doit plancher sur l’intégration de Phare dans l’OIP, que vous annonciez dans votre DPG l’année passée ? Quel est votre timing quant à cette intégration ?

Petite enfance

En matière d’enfance, vous rappelez les acquis de l’année écoulée : 2214 places via le Plan Cigogne, et six crèches à travers la programmation Feder. Il n’y a donc là rien de neuf : les 2000 places étaient déjà annoncées à la fin de la législature précédente et budgétées. Les acquis de la législature précédente semblent préservés, tant au niveau de la Communauté française et de son budget, qu’au niveau de la Cocof, qui assure son propre Plan crèches coordonné avec la programmation de l’ONE. C’est une très bonne chose et nous nous en réjouissons. Même si vous repassez avec les mêmes plats en faisant croire à des nouvelles recettes. Attention au réchauffé, Mme la Ministre-Présidente. Tout les plats n’y résistent pas.

Nous restons par ailleurs sur notre faim quant au menu de l’année à venir : aucun appel à projets n’a encore été lancé pour 2015… Or, comme je l’ai déjà dénoncé à de multiples reprises, l’encours du Plan Crèches est gigantesque. Il atteignait 24 millions l’an dernier. Cela signifie que si vous voulez le résorber sur la législature, ce sont près de dix millions qu’il faudrait dépenser chaque année en infrastructures dédiées à la petite enfance, puisque la Région continue de nous verser 4,8 millions par an.

Alors que tout le monde dénonce, à juste titre, le manque de places d’accueil pour la petite enfance à Bruxelles, vous n’utilisez pas les leviers dont vous disposez pour résoudre ce problème. Or, vous savez comme moi quelles sont les conséquences de cette pénurie : c’est l’accroissement des inégalités ! Inégalités entre femmes et hommes, inégalités entre enfants de familles précarisées et de familles aisées, avec des répercussions sur le cursus scolaire, et donc sur la trajectoire professionnelle. Madame la Ministre-Présidente, la question est donc simple : voulez-vous vraiment vous attaquer à ces inégalités ?

Personnes handicapées

Les personnes handicapées, un chapitre très restreint dans la communication que vous avez faite à la conclusion du conclave budgétaire de la Cocof. C’est pourtant un des budgets les plus importants de la Cocof et une de ses priorités. Vous vous montriez très diserts lors de la précédente législature lorsqu’il s’agissait de réclamer des places supplémentaires et sans doute aviez-vous raison. Pourtant, que nous révèle aujourd’hui la déclaration ? Aucune révolution ni nouveau projet, vous avez inauguré cette année ceux initiés sous les précédentes législatures. Pas davantage d’annonce chiffrée concernant la création de places, que j’entendais réclamer à grands cris sur les bancs du CdH et du FDF – j’imagine – j’espère – que je les entendrai encore tout à l’heure. Où en est la programmation pluriannuelle d’investissement relative aux places en centres de jour et d’hébergement ? Quels sont vos contacts avec les communes pour repérer les collaborations possible ?

Nous n’allons pas nous vautrer dans des attitudes caricaturales, mais nous serons là pour vous rappeler régulièrement la réelle urgence de la création de places d’accueil pour les personnes handicapées. De même, nous serons vigilants à la rédaction des arrêtés du décret inclusion : où en êtes-vous ? L’inclusion, vous le savez, et c’est l’esprit même du décret, ne se limite pas aux centres de jour et d’hébergement mais concerne toutes les politiques, y compris l’enseignement. Il est aujourd’hui temps d’investir dans l’inclusion des jeunes et des enfants handicapés dans un système scolaire classique quand cela s’avère possible bien sûr, il y a un énorme travail à réaliser avec les écoles pour permettre une inclusion accompagnée de ces jeunes. Quelles sont les initiatives prises par le Collège en la matière ? En matière d’inclusion toujours, on est très loin du quota des 5 % de fonctionnaires handicapés dans les administrations de la Cocof, à l’exception de Phare mais aussi les administrations régionales, rien n’est dit à ce sujet dans la DPG. Enfin, je souhaiterais revenir sur les ETA, vous le savez il existe un plan de relance adopté sous la précédente législature et qui a pour objet de continuer à soutenir les entreprises de travail adapté dans cette période de crise économique en favorisant des projets destinés à relancer leurs activités, et il a permis ces dernières années aux ETA des investissements variés. Reste que les ETA en étaient à plus de 16000 jours de chômage technique en 2014. Il faut donc davantage encore accompagner la mutation des Entreprises de travail adapté vers de nouveaux secteurs économiques plus porteurs. C’est notamment un des objectifs du plan de relance, A ce sujet, vous n’avez guère aidé ce plan de relance en adoptant seulement maintenant, à deux mois de fin 2015, un arrêté de transfert qui le subsidie. Vous avez ainsi obligé les ETA à plonger dans leur trésorerie pour avancer les sommes, mettant ainsi certaines d’entre-elles en difficultés importantes. Cela ne nous semble pas très sérieux.

Cohésion sociale et primo-arrivants

La crise des réfugiés a conduit le gouvernement régional à investir davantage auprès des associations qui accompagnent les réfugiés annonçant ainsi 30 millions supplémentaires de transfert vers les commissions communautaires (dont la cocof donc). On s’en réjouit bien sûr.

On savait qu’un 2e Bapa était prévu et que vous alliez renforcer les outils d’alphabétisation et de Français langue étrangère en faveur des personnes primo-arrivantes. Mais au-delà, où vont les millions annoncés : de combien parle-ton et pour faire quoi exactement ?

On parle donc d’une priorité politique, mais aussi et surtout d’un contexte ultra morose pour les opérateurs, surtout dû au désinvestissement du Fédéral. Ces associations d’accompagnement et d’accueil des réfugiés sont toutes actuellement en instance de fermeture ou de forte restructuration. Elles font pourtant un travail primordial d’accompagnement et d’intégration des réfugiés à Bruxelles. Elles les aident à trouver un logement, elles organisent des cours de langue, elles font de l’orientation socio-professionnelle, elles fournissent un accompagnement social ou juridique, elles suivent les démarches de regroupement familial, elles soutiennent les mineurs étrangers non accompagnés, elles mettent en place des projets d’intégration en vue de favoriser le vivre-ensemble, elles font de l’interprétariat social pour les personnes ne maîtrisant pas encore la langue… Bref, elles jouent un rôle essentiel et complémentaire à l’action des CPAS pour prendre en compte les vulnérabilités propres aux réfugiés. Je citerai ici Ulysse, Convivial, le Setis, la Free clinic, Mentor Escale, le Ciré mais il en existe bien d’autres. Quelles sont les aides concrètes, complémentairement au Fédéral, que la Cocof leur apporte ?

Et parlant de cette crise des réfugiés, je souhaiterais revenir sur votre politique d’accueil des primo-arrivants. Vous annoncez donc un 2e Bapa. C’est effectivement une très bonne nouvelle et nous savons que les projets sont bons mais vous savez comme moi qu’avec trois Bapa à Bxl (si l’on compte le Bapa néerlandophone), vous êtes très loin du compte, il en faudrait 20 minimum. Instaurer une obligation dans un tel contexte ; c’est d’office exclure une série de personnes. Or, c’est bien l’intention du Collège réuni Cocom. Quid donc de votre public cible ? Il est évident que, au départ en tout cas, l’obligation ne pourra porter sur l’ensemble du public primo-arrivant, pour des questions de moyens mais aussi, vraisemblablement, d’opportunité. Comment déterminez-vous le public cible contraint à l’obligation ? Quid des aspects légaux : comment justifier la contrainte à certains et pas à d’autres ? Question d’autant plus importante que le public hors obligation n’aura sans doute pas accès au dispositif, qui sera saturé par le public soumis à l’obligation. Dans un premier temps, les deux Bapa francophones vont eux commencer à travailler sans l’obligation, ici encore comment le public va-t-il être sélectionné ?

Quelle est la concertation entre Cocom, Cocof et VG sur la mise en cohérence des contenus et exigences, échanges de pratiques et coopération, échange des données, planification (moyens mis en œuvre et ouverture de bureaux) ?

Qu’en est-il de la programmation des autres Bapa ? Reste-t-on toujours avec un objectif de 6 ? Il manque des structures aussi sur Saint-Gilles, Forest, Anderlecht et le Nord de Bruxelles. Vous annoncez par ailleurs un doublement du budget pour les Bapa, mais qu’en est-il des opérateurs au niveau langue, cours de citoyenneté, insertion socio-professionnelle ? Y a-t-il seulement une concertation mise en place avec le ministre de l’Emploi et de la Formation, monsieur Gosuin ?

Nous aimerions aussi y voir clair en ce qui concerne le Fonds d’impulsion à la politique des immigrés (FIPI) communautarisé, qui atterrit à la Cocof. Ce n’est pas plus mal. Cela permet d’articuler de manière plus cohérente la politique de Cohésion sociale du FIPI. Ca l’était déjà beaucoup au niveau communal et cela va désormais l’être à un autre niveau. Vous annoncez que vous voulez refaire du FIPI ce qu’il était au départ : une politique pour promouvoir l’innovation et l’impulsion. Vous annoncez aussi vouloir réserver les moyens du FIPI à des projets innovants. Mais rien ne filtre sur la réforme annoncée et qui doit voir le jour au 1er janvier 2016.

Qu’en est-il du décret cohésion sociale dont vous annoncez aussi la réforme ? Même si vous nous dites avoir écouté les acteurs de terrain, il nous revient que nombre de ces acteurs de terrain, très divers, et même socialistes, sont très critiques quant au calendrier d’urgence imposé par le ministre pour remettre un avis. Cette consultation recevrait un accueil positif si le secteur avait la garantie que la consultation puisse se dérouler sur du long terme et que des allers-retours entre le politique et le terrain ponctuent ce chantier de modification du décret (comme cela s’est passé dans le cadre de la modification du décret sur les Centres culturels par exemple). Quels sont vos objectifs quant au changement de ce décret ? Comptez-vous revenir aux fondements même de la politique de cohésion sociale, quelque peu oublié avec les priorités des deux derniers quinquennats ou cette réforme ne vise-t-elle que la résolution de problèmes administratifs et de trop grand municipalisme ? Ce qui en soi n’est pas négatif, mais manque sans doute d’ambition politique…

Enseignement

Un mot sur enseignement. Vous annoncez la création d’une nouvelle école secondaire à pédagogie active sur le site du Ceria, à Anderlecht, c’est pour nous évidemment une excellente nouvelle. Reste que ce sont 1500 places qui sont à créer, où en est le plan stratégique annoncé pour 2015 veillant à garantir une meilleure organisation des places et répartition des moyens humains et financiers ? Qu’en est-il de la généralisation du projet « Native speaker » à l’ensemble des établissements de l’enseignement qualifiant ? Des politiques annoncées dans votre DPG 2014, nous sommes fin 2015 et toujours rien.

Action sociale et familles

On se réjouit de l’augmentation du nombre de places dans les maisons d’accueil, reste à savoir de combien de places mais nous en reparlerons lors des discussions budgétaires, nous nous réjuisson également du financement du post hébergement, une demande déjà ancienne du secteur des maisons d’accueil et du soutien aux projets capteurs de logements. Un pas dans la bonne direction vers des politiques structurelles de sortie du sans-abrisme, et nous espérons que cela est bien concerté dans le cadre du plan de lutte contre le sans-abrisme de la Cocom.

Santé

En ce qui concerne la santé, l’atterrissage s’annonce donc pour le nouveau décret de promotion de la santé. Ceci dit, comme ma collègue Zoé Genot a eu l’occasion de le souligner encore tout récemment en commission, celui-ci ne devrait pas être effectif au 1er janvier, au vu des arrêtés d’exécution à adopter, et ensuite de la désignation des différents opérateurs. Cela signifie donc qu’il faudra prolonger la période de standstill pour les opérateurs agréés dans le cadre du bientôt défunt décret de la Communauté française. À cet égard, madame Jodogne indiquait quelle plaidait « évidemment pour la continuité des actions et des subventions » mais qu’aucune décision n’avait été prise par le Collège à ce sujet. Les discussions budgétaires étant closes, pourriez-vous désormais nous rassurer ?

Décret ambulatoire

Un autre chantier de taille est celui du décret ambulatoire. Là aussi, les convoyeurs attendent ! Cela fait six ans maintenant qu’à chaque rentrée parlementaire on nous promet l’arrivée imminente d’un outil de programmation… Et voilà que, un an et demi après l’entrée en fonction de cette majorité, on nous annonce… le lancement prochain d’un énième marché public pour élaborer cet outil, dont on finit par se demander s’il verra le jour à un moment donné… Même la cheffe de groupe du premier parti de la majorité déclarait l’an dernier qu’elle l’attendait « de pied ferme, voire avec une impatience certaine. »

Et bien nous attendons donc tout, tous ensemble…

Gouvernance et gendermainstreaming

Je terminerai sur quelques absents de la déclaration gouvernementale, exactement les mêmes que l’année passée, vous avez de la constance dans les oublis, j’en aurai dans les rappels à vos obligations :

La Charte associative dont les non réponses de Mme Laanan ici même il y a 15 jours augurent d’un enterrement dans les grandes formes. Le subventionnement pluriannuel des associations, il y a des avancées en Wallonie, rien de tel côté Cocof.

Autre absente de marque : la politique d’approche intégrée de la dimension de genre mise en place par votre prédécesseur, Christos Doulkeridis. Le secteur associatif féministe a beaucoup insisté pour que l’on analyse, dans les budgets et les différentes politiques, l’impact lié au genre de ce que l’on met en place et de l’argent que l’on donne. C’est extrêmement important et un certain nombre d’initiatives ont été concrètement mises en place sous la précédente législature. Or, vous n’y faites aucune allusion. Allons-nous enfin avoir un vrai budget genré et non la formule minimum servie l’année passée ? Qu’en est-il du plan d’action transversal annoncé dans votre DPG, ici encore vous n’en dites rien?

Conclusion

Et donc Mme Laanan, vous le savez cet Empire-ke qu’est la Cocof, nous nous en passerions bien chez Ecolo. La 6e réforme va d’ailleurs dans le sens de la dilution progressive de celui-ci dans la plus large Région.

Confucius, il y a un certain temps déjà disait : « On devrait gouverner un grand empire avec autant de simplicité que l’on fait cuire un petit poisson ».

Mme la Ministre Présidente, vous gouvernez un tout petit empire un peu absurde, faites le donc avec simplicité, comme vous y engage le sage, mais avec un minimum d’ambition quand même…

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Réduire la fracture scolaire

Arnaud Pinxteren, Barbara Trachte, Alain Maron, Catherine Morenville et Magali Plovie. Nous sommes cinq candidat.e.s à l’élection au Parlement bruxellois ce 25 mai et nous vous présentons, sur 5 semaines, 10 propositions concrètes pour un Bruxelles plus vert et plus juste.

Proposition 10 : Soutenir les enseignants pour réduire la fracture scolaire à Bruxelles

L’enseignement à Bruxelles, mais également en Wallonie, est caractérisé par une grande inégalité. Il s’agit en réalité d’une double inégalité. Une inégalité de résultats d’une part, car les écarts sont grands entre les meilleurs et les moins bons élèves. Et une inégalité des chances, puisque parmi les élèves les plus faibles, on retrouve beaucoup de jeunes issus de milieux défavorisés. Les études se suivent et se répètent pour le souligner.

Cette inégalité est aussi un problème, vu qu’elle génère des résultats scolaires globaux en-dessous de la moyenne aux différents tests internationaux.Ecole

Ecolo propose plusieurs pistes de solutions pour remédier à cette situation assez catastrophique pour l’avenir de la jeunesse bruxelloise. Nous devons prendre le contre-pied d’un système scolaire qui fonctionne comme une machine à séparer et classer les élèves (via le redoublement, le renvoi dans l’enseignement spécialisé, les options, les filières, l’exclusion scolaire…) ! C’est, par exemple, le sens du tronc commun que nous défendons, qui doit permettre à tous les élèves, dans un premier temps jusqu’à 14 ans, d’explorer leurs potentiels intellectuels, techniques, scientifiques, artistiques et corporels tout ensemble, avant de poser des choix d’orientation.

Nous avons aussi toujours défendu l’encadrement différencié : le fait de concentrer des moyens supplémentaires dans les écoles où les élèves rencontrent le plus de difficultés. Ainsi que l’abaissement de l’obligation d’inscription scolaire dès 3 ans, parce qu’on sait que les compétences de socialisation et d’apprentissage de la langue qu’apporte l’école à cet âge-là sont des atouts essentiels pour la réussite dans la suite des études.

On ne réduira pas la fracture sociale sans les enseignants

Si les réformes sont importantes et absolument nécessaires, elles ne sont en soi jamais suffisantes. Les décrets ne suffisent pas à eux seuls à changer la réalité. On ne réduira pas la fracture sociale sans l’aide de ceux qui sont avec les élèves, heure après heure, dans les classes, soit les enseignants.

C’est pourquoi nous proposons, à travers la formation initiale et continue, de mieux outiller les enseignants par rapport à la diversité toujours plus grande (culturelle, linguistique, sociale…) de leurs élèves et pour savoir la gérer. Ce n’est qu’avec des enseignants soutenus et maîtrisant ces outils que la maîtrise de la langue de l’enseignement ou le tronc commun pourront être des réussites, en particulier à Bruxelles.

Et parce qu’on sait que pour être concrètement soutenus, les enseignants doivent faire partie d’équipes pédagogiques motivées, nous proposons d’alléger les charges administratives qui écrasent aujourd’hui les directions d’écoles, pour renforcer leur rôle de coordinateur d’une équipe pédagogique. On le sait, les écoles bien dirigées, où travaillent des équipes soudées font la différence en termes de lutte contre les inégalités.

De nouvelles écoles pour une nouvelle jeunesse !

5+5=10
Arnaud Pinxteren, Barbara Trachte, Alain Maron, Catherine Morenville et Magali Plovie. Nous sommes cinq candidat.e.s à l’élection au Parlement bruxellois ce 25 mai et nous vous présentons, sur 5 semaines, 10 propositions concrètes pour un Bruxelles plus vert et plus juste.

Proposition 2 : de nouvelles écoles pour une nouvelle jeunesse !

Tout le monde le sait désormais : Bruxelles connaît une explosion démographique importante depuis quelques années. La population augmente trois fois plus vite qu’en Flandre ou en Wallonie, et devrait dépasser le 1,2 million d’habitants d’ici à 2020.

Par ailleurs, alors que les deux autres Régions connaissent surtout une augmentation de la population la plus âgée, c’est l’inverse chez nous : il y a de plus en plus d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes à Bruxelles.

Et c’est une bonne chose ! Pour nous, la jeunesse est une richesse, car elle est porteuse d’idées, d’énergie, d’espoir. Nous avons donc une responsabilité : faire en sorte que cette génération ne soit pas une génération sacrifiée, sans perspectives d’avenir, notamment en matière d’emploi.

ecole blog

 

C’est pourquoi il est prioritaire d’investir dans l’enseignement. Les écoles bruxelloises sont proches de la saturation : plus de 95 % de taux d’occupation. Ces cinq dernières années, le ministre Ecolo des Bâtiments scolaires, Jean-Marc Nollet, a débloqué des budgets afin de créer plus de 20 000 places supplémentaires dans les écoles bruxelloises ! Il faut poursuivre ces efforts, et mettre en place un monitoring permanent des places disponibles, afin de pouvoir évaluer finement la situation et répondre au plus vite aux futurs besoins.

Mais une école, ce ne sont pas que des briques ! Il faut aussi soutenir les femmes et les hommes qui choisissent le métier d’enseignant-e : cela passe notamment par un renforcement de la formation, tant initiale qu’en cours de carrière ; par la mise en place de systèmes d’accompagnement des jeunes profs ; en les outillant pour comprendre et gérer la diversité de leurs élèves ; etc.

Et surtout, nous pensons que ces nouvelles écoles sont une formidable opportunité !

Opportunité pour mettre en place des projets pédagogiques innovants, accessibles à tous, enthousiasmants pour les équipes pédagogiques, les parents, les élèves. Des projets qui misent sur les pédagogies qui rendent les enfants acteurs de leurs propres apprentissages, des projets qui luttent concrètement contre l’échec scolaire et la relégation en visant à développer toutes les formes d’intelligence et à faire évoluer tous les enfants ensemble, jusqu’à 14 ans au moins, des projets qui dès les maternelles renforcent en même temps la maîtrise de la langue de l’enseignement et utilisent la diversité des élèves comme richesse pédagogique au profit de tous.

Saisissons cette chance pour offrir à chaque jeune bruxellois les meilleures chances de trouver leur place dans la société !

Saint-Gilles de plus en plus riche, de plus en plus pauvre

Jeudi 16 février dernier, le Conseil communal de Saint-Gilles a débattu du budget communal 2012. Ecolo s’est abstenu : le budget prévoit bien des investissements intéressants concernant l’enseignement ou l’enfance, mais ne nous semble pas assez ambitieux par rapport aux enjeux liés au boom démographique, ni par rapport aux problèmes de mobilité, de qualité de vie ou encore d’environnement.

En première lecture, les chiffres du budget laissent à penser que Saint-Gilles est une île au milieu de la crise. Les recettes sur l’impôt sur les personnes physiques sont en hausse (une augmentation de 5% est prévue en 2012 par rapport à 2011), tout comme les recettes liées au revenu cadastral ou aux taxes sur les bureaux. Au total, le budget est en boni de 900.000 euros, pour plus de 104 millions d’euros de dépenses au total. Le boni cumulé (les réserves dont dispose la commune) grimpe à 13 millions d’euros. C’est Saint-Gilles de plus en plus riche…

Un chiffre pourtant est à mettre en regard des précédents : la dotation au CPAS. Elle s’élève à 14,7 millions d’euros, soit 16% d’augmentation en deux ans… Le CPAS n’est pas devenu plus généreux, mais, malheureusement, de plus en plus de Saint-Gillois doivent s’adresser à lui : il sont aujourd’hui près de 2.500 et le nombre d’aides sociales a augmenté de plus de 20% en deux ans. C’est Saint-Gilles de plus en plus pauvre…

Quel paradoxe, donc ! Saint-Gilles est une commune de plus en plus « branchée », qui attire de plus en plus de personnes à revenus supérieurs. Mais en même temps, les personnes qui ont du mal à nouer les deux bouts sont de plus en plus nombreuses dans la commune. Ce phénomène de dualisation existe ailleurs, mais il est particulièrement aigu à Saint-Gilles.

Des pistes anti-dualisation

Un élément important de compréhension du phénomène est le marché de logement. Saint-Gilles est une des communes les plus touchées par l’augmentation des prix : ce n’est plus une commune « bon marché », mais une commune « dans la moyenne » de la Région bruxelloise, alors que les revenus des Saint-Gillois sont, eux, en dessous de la moyenne régionale. Plus que jamais, il est donc urgent d’activer les différents dispositifs dont dispose la commune Malheureusement, des problèmes de gouvernance plombent plusieurs outils « logement » communaux. Ainsi, l’Agence immobilière sociale (AIS) a toujours du mal à tenir la tête hors de l’eau, suite à la gabegie et les erreurs de gestion qui ont éclaté au grand jour en septembre 2010 : en 2012, la Commune va devoir allonger 200.000 euros (en plus des 100.000 déjà accordés en 2011) pour permettre à l’association d’apurer son passif. Plutôt que de se déployer, l’AIS gère en fait de moins en moins de logement. Nous demandons depuis longtemps – sans grand succès – que les comptes soient révisés et que les modalités de travail au sein du conseil d’administration soient modifiés, afin de garantir plus de transparence.

Du côté de la Régie foncière communale, grâce à l’aide de financements régionaux, il y a de plus en plus de biens mis en location (850), mais la Régie n’active pas le dispositif d’allocation-loyer auquel ses locataires les plus démunis ont pourtant droit et, par ailleurs, ne respecte pas les prescriptions régionales concernant les plafonds de revenus des locataires.

Depuis quelques années, l’enseignement est devenu une priorité en terme d’investissements, de la part de la Commune. Plus de 2 millions d’euros (dont 1,5 à charge directe de la commune) sont ainsi budgétés en 2012, afin d’augmenter les capacités d’accueil. L’augmentation du nombre de places dans les écoles est très positif, mais la commune ne doit pas perdre de vue qu’elle doit aussi rencontrer l’enjeu de la qualité, y compris dans le secondaire. Pour le moment, trop de petits et jeunes Saint-Gillois doivent être scolarisés hors Saint-Gilles, faute d’offre adéquate. Nous sommes dans les quatre communes bruxelloises où le taux des élèves en âge de scolarité qui sont à l’école dans leur propre commune est le plus faible. C’est le résultat du fait que l’investissement dans l’enseignement n’a pas été considéré comme prioritaire pendant trop longtemps à Saint-Gilles. Si on veut promouvoir la mixité sociale et réhabiliter l’école dans son rôle d’ « ascenseur social », il est indispensable qu’un maximum de Saint-Gillois, de toutes origines, puissent se scolariser dans les écoles saint-gilloises. La situation s’améliore doucement en maternelle et en primaire, mais il reste vraiment beaucoup de travail.

Des projets qui répondent aux besoins

Enfin, la commune a budgeté 450.000 euros, qui seront subventionnés par la Région, afin de mener des études concernant de grands projets urbanistiques dans le quartier du Midi, ainsi que dans le quartier de la prison (qui s’en irait en 2016). Dans un cas comme l’autre, Ecolo est vigilant à ce que les projets répondent à des besoins effectifs dans ces zones : une diversité dans l’offre de logement (y compris avec des logements sociaux et conventionnés), des équipements collectifs, des espaces verts et de jeux, etc. Il ne s’agit pas que ces nouveaux développements urbains se fassent « à la manière ancienne », sans participation des habitants et sans tenir compte de leurs besoins, au profit des seuls promoteurs. Au vu des expériences antérieures, il n’est pour nous pas évident du tout que la majorité PS-MR puisse relever ce défi.

Tout comme elle semble incapable de relever le défi de la mobilité : le plan communal de mobilité, pour lequel des milliers d’euros ont été dépensés en rémunération de bureau d’étude, reste « secret » ou perdu dans les méandres de l’hôtel de ville. Pourtant, à l’été 2010 (!), un plan quasi finalisé avait été présenté à un groupe de travail du Conseil communal. A l’époque, il était prévu de soumettre ce plan à l’enquête publique, dans des délais courts. Depuis, plus de nouvelle ! A nos questions sur l’état d’avancement du plan, à l’occasion de ce budget 2012, le collège PS-MR a répondu par un silence embarrassé…

Du reste, c’est un peu la stratégie globale de l’équipe Picqué : mettre en exergue les actions positives, mais masquer les problèmes, éviter les sujets qui fâchent, étouffer les critiques. Car, à Saint-Gilles, c’est bien connu, tout va très bien, Madame la Marquise ! Il serait pourtant temps que la majorité prenne conscience du fait que l’augmentation de la dualisation sociale dans la commune va finir par mettre à mal la cohésion sociale, la convivialité et la qualité de vie. Le pouvoir communal n’a pas tous les leviers en main, mais il doit au moins agir sur ceux qu’il contrôle. Pour Ecolo, c’est une priorité.

Une nouvelle école secondaire au projet novateur pour le sud de Bruxelles !

Depuis des mois, des dizaines de parents, regroupés au sein de l’ASBL “Les Amis de l’Ecole Active” se battent pour obtenir la création d’une nouvelle école secondaire dans le sud de Bruxelles reposant sur quatre principes fondamentaux: un enseignement laïc et gratuit, le développement d’une pédagogie active, la promotion de l’apprentissage des langues et enfin, la mixité culturelle et sociale.

Cette ASBL avait réussi à convaincre les communes de Saint-Gilles et Forest, ainsi que, semble-t-il, la Communauté française, de soutenir son projet : un bâtiment semblait pouvoir être mis à disposition et les Communes semblaient prêtes à intégrer le pouvoir organisateur de la nouvelle école, relevant du réseau libre non confessionnel, en compagnie de l’ASBL. On a même parlé d’une ouverture des premières classes dès septembre 2011. Aujourd’hui cependant, un certain flou semble régner au niveau des intentions publiques (Communes, Communauté française) et le projet initial semble compromis.

Les locales Ecolo de Forest et Saint-Gilles saluent dans ce contexte la toute récente décision prise par le Gouvernement bruxellois de soutenir un partenariat entre les Communes de Forest et Saint-Gilles pour que le projet d’école secondaire à pédagogie active porté par l’ASBL puisse voir le jour dans les plus brefs délais. Il s’agit là d’un important signal et d’un geste concret (une subvention de 50.000 euros aux Communes est prévue).

Nous pensons en effet qu’il est indispensable de soutenir un projet qui est une réponse au défi démographique (l’IBSA a récemment établi la nécessité d’augmenter l’offre de l’enseignement sur les communes de Saint-Gilles et Forest, à l’horizon 2014-2015), relève d’une initiative citoyenne bien construite et s’appuyant sur un partenariat avec les pouvoirs publics, brise les logiques ancestrales de réseaux et, enfin, mais ce n’est pas le moins important dans des communes comme les nôtres, se donne pour ambition de promouvoir les mixités sociale et culturelle au sein de l’école. Nous pensons également important de promouvoir la pédagogie active car elle permet de lutter contre le décrochage scolaire, de développer des compétences transversales parallèlement aux connaissances à acquérir et de privilégier l’intégration linguistique.

Nous attendons donc maintenant des différents pouvoirs publics concernés, dans la foulée de la Région, qu’ils dépassent des clivages idéologiques dépassés et qu’ils avancent ensemble et concrètement pour rendre possible ce projet novateur et indispensable de nouvelle école secondaire pour Forest et Saint-Gilles.

Pour la locale de Saint-Gilles: Alain Maron, chef de groupe au Conseil communal
Pour la locale de Forest: Guy Bertholomé, secrétaire politique

Dix priorités pour Bruxelles

En vrac, dix points clefs. Un ultra résumé des actions politiques qui sont prioritaires à mes yeux  pour Bruxelles.  Elles sont dans la droite ligne du programme Ecolo, cela va de soi…

Encadrer les prix des loyers, pour que le logement soit accessible à tous.
– Créer plus de logements publics, attribués de manière transparente.

– Créer de l’emploi et du lien social avec les services de proximité pour les enfants, les personnes en difficulté, les handicapés…
– Un plan d’action pour aider les écoles qui accueillent le plus d’élèves en difficulté, aider les jeunes profs qui débutent.
– Une meilleure formation professionnelle des jeunes, notamment dans les métiers émergents liés à l’économie « verte ».

– Pour moins de voitures en ville, donner priorité aux piétons et aux cyclistes dans les aménagements urbains.
– Dans tous les quartiers, des trottoirs, des places et des parcs conviviaux, où il faut bon s’arrêter, discuter, jouer…
– La mobilité pour tous: des transports en commun plus fréquents à toutes heures.
– Des mesures radicales pour améliorer la qualité de l’air en ville, par une diminution de la pollution automobile et de chauffage.

– Des règles de gouvernance qui garantissent que l’intérêt général passe toujours avant les intérêts particuliers: limiter au maximum les cumuls, assurer la transparence des décisions, évaluer les politiques…

Ces idées sont illustrées en dessins que vous pouvez voir à partir de cette page du site.