Open Data : la Région bruxelloise en service minimum

L’Open Data, c’est une politique de « données ouvertes », c’est à dire que les administrations (voire d’autres organisations) mettent en ligne les données diverses dont elles disposent afin qu’elles soient librement accessibles et réutilisables, idéalement sans restriction de copyright et dans des formats de fichiers ouverts et lisibles de manière universelle, quel que soit le système utilisé. Le tout bien entendu dans le respect de la vie privée : aucune donnée personnelle, on vise des données globales et anonymisées d’intérêt général.

Les données en question peuvent être très diversifiées : situation en direct des transports en commun ou du trafic automobile, places disponibles dans les crèches, statistiques de santé publique sur telle ou telle maladie, état des logements, niveau de bruit par rue, pollution de l’air, enquêtes publiques en urbanisme, composition des cabinets ministériels, etc. Le champ est quasi infini. L’avantage : des outils pour les chercheurs et les journalistes, de nouvelles possibilités de contrôle démocratique des élus, des opportunités économiques pour des PME qui peuvent offrir de nouveaux services grâce à l’accès à ces données. Un enjeu donc pour la transparence des politiques publiques et des administrations et pour le fonctionnement démocratique, mais aussi pour une économie innovante, basée sur les ressources et besoins locaux.

Ce lundi 26 septembre 2016, la commission finances du Parlement bruxellois a adopté le texte de projet d’ordonnance qui met en place une politique d’Open Data en Région bruxelloise. Le texte Ecolo-Groen déposé il y a un an et visant le même objet était aussi à l’ordre du jour.

imageportailopendataAu final, le texte du Gouvernement a été adopté. Il s’agit pour l’essentiel d’une simple transposition de la directive européenne sur ce sujet, qui aurait dû être transposée avant juillet 2015. Malheureusement, on ne sent ni souffle, ni ambition dans le texte très bureaucratique et désincarné soutenu par le Gouvernement et la majorité.

Des avancées, des manques

Ecolo a obtenu quelques modifications du texte, comme l’obligation – y compris pour le futur – d’avoir un portail régional de données ouvertes. Mais nous restons sur notre faim sur plusieurs aspects :

– La majorité a refusé notre proposition de désigner un « Administrateur général des données » comme c’est le cas dans d’autres pays (dont la France). Pourtant une telle fonction, qui vise à aider et soutenir les différentes administrations et coordonner la politique Open Data régionale, est indispensable si on veut que les choses avancent concrètement. Sinon, on dépend trop du bon vouloir de chaque service et administration, livrés à eux-mêmes, et il n’y a pas de ligne générale.

– Nous voulions que le texte impose que le portail régional « Open Data » soit clair sur les licences d’utilisation, jeu de données par jeu de données (que les utilisateurs peuvent-ils faire exactement avec les données et à quelles conditions?) et que les données soient véritablement accessibles en formats techniques ouverts, lisible par toute machine. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, ces conditions ne sont pas rencontrées sur le portail. C’est pourtant à nos yeux indispensable et correspond à ce qui est fait dans les pays et régions qui disposent d’une politique Open Data ambitieuse.

– Nous proposions que le nombre de licences d’utilisation soit réduit et qu’il y ait au moins une licence ODBL (le standard international pour les données ouvertes). Il n’y aura rien dans le texte là-dessus, mais la Ministre a annoncé avoir demandé à l’Université de Namur (le CRIDS) un rapport sur la question : un point positif même si cette question aurait pu et dû être tranchée précédemment.

En bref, nous avons eu l’impression que la Région bruxelloise n’avait pas fait de l’OpenData une politique prioritaire. Elle répond juste, en retard et a minima, aux obligations imposées par l’Europe. Pourtant, une politique d’Open Data, bien plus qu’une contrainte, est une réelle opportunité pour Bruxelles, pour sa vitalité démocratique, aussi bien que pour le développement d’une économie au service des personnes. A noter qu’Ecolo, via Stéphane Hazée, a déposé un texte similaire en Wallonie, où le Gouvernement arrive dans les prochaines semaines avec son propre texte également.

Il faut une stratégie régionale pour le câble bruxellois

20150702 - Le Soir - article cablodistributeurs

 

Avec Arnaud Pinxteren, Secrétaire régional Ecolo, je plaide pour que la Région bruxelloise se dote d’une stratégie cohérente concernant les réseaux télécom câblés.

Actuellement, trois opérateurs (Telenet, Voo et Numericable) se partagent les communes bruxelloises et les habitants de chacune des communes n’ont pas le choix de leur opérateur. Les Bruxellois sont aussi régulièrement contraints à changer d’opérateur en cas de déménagement. L’avenir est incertain et personne ne peut dire quelle société privée mettra la main sur quelle partie de réseau à l’avenir.

Pour Ecolo, la Région devrait mettre la main sur ces réseaux afin de les unifier (un et un seul réseau pour la Région), d’assurer la maîtrise des aspects stratégiques de sécurité des données, de garantir une ouverture équitable à la concurrence et de garantir l’investissement pour que tous les Bruxellois.es aient un accès ultra performant. Un peu à l’instar de ce qui se passe pour l’électricité.

J’interpelle Bianca Debaets, la Ministre responsable de ce dossier dans les prochains jours sur la question !