Il faut une stratégie régionale pour le câble bruxellois

20150702 - Le Soir - article cablodistributeurs

 

Avec Arnaud Pinxteren, Secrétaire régional Ecolo, je plaide pour que la Région bruxelloise se dote d’une stratégie cohérente concernant les réseaux télécom câblés.

Actuellement, trois opérateurs (Telenet, Voo et Numericable) se partagent les communes bruxelloises et les habitants de chacune des communes n’ont pas le choix de leur opérateur. Les Bruxellois sont aussi régulièrement contraints à changer d’opérateur en cas de déménagement. L’avenir est incertain et personne ne peut dire quelle société privée mettra la main sur quelle partie de réseau à l’avenir.

Pour Ecolo, la Région devrait mettre la main sur ces réseaux afin de les unifier (un et un seul réseau pour la Région), d’assurer la maîtrise des aspects stratégiques de sécurité des données, de garantir une ouverture équitable à la concurrence et de garantir l’investissement pour que tous les Bruxellois.es aient un accès ultra performant. Un peu à l’instar de ce qui se passe pour l’électricité.

J’interpelle Bianca Debaets, la Ministre responsable de ce dossier dans les prochains jours sur la question !

Logiciels libres: la Région se prend un coup de mou

Ce jeudi, j’interrogeais Didier Gosuin (FDF), le tout nouveau ministre Bruxellois de l’Économie, sur le soutien aux logiciels libres en tant que secteur économique. En effet, outre leurs avantages en matière d’interopérabilité, de sécurité et d’indépendance par rapport aux fournisseurs, les logiciels libres sont aussi une source d’innovation et de dynamisme économiques, qui sont souvent le fruit de petites entreprises, et favorisent la création d’emplois non délocalisables. Ainsi, Drupal et Odoo (ex-Open ERP), deux logiciels libres ayant le vent en poupe, sont des produits belges.

J’ai donc interpellé Didier Gosuin sur la politique qu’il menait afin de favoriser le développement de ce secteur. Car si l’accord de majorité bruxellois annonce sa volonté de « Faire de Bruxelles une capitale du numérique », l’expression « logiciels libres » n’est pas citée une seule fois dans cet accord ! Et ce alors que la déclaration de 2009, négociée elle avec les Verts, se voulait encore assez ambitieuse concernant le libre.

illu logiciels libresEt malheureusement, la réponse du ministre fut aussi décevante que la déclaration de politique générale. Le ton était au à un certain « bon sens », au pragmatisme larvé et certainement pas à l’élan, la vision stratégique ni, forcément, à ne fut-ce qu’un chouia de recherche d’idéal. « Sur le fond, dans l’idéal, vous avez raison Mr Maron, mais…. », me suis-je vu répondre… Concernant la formation, le ministre a, par exemple, répondu que Bruxelles Formation n’organisait pas de formation à l’utilisation des logiciels libres parce que les employeurs engageaient les personnes formées aux logiciels dits « propriétaires ». En ce qui concerne le soutien aux entreprises, Didier Gosuin n’a pas dit grand-chose sur les logiciels libres, mais a beaucoup insisté sur la politique d’Open Data menée par la Région, politique que j’avais déjà saluée sous le précédent gouvernement.

Turin, Munich… et Ecolo !

J’ai donc regretté le manque de volonté politique de la majorité bruxelloise en la matière, en rappelant que des villes comme Turin ou Munich se sont lancées avec succès dans une stratégie globale et de long terme de transition vers les logiciels libres, et que le tout nouveau commissaire européen en charge du « marché unique numérique » soulignait lui-même l’importance des logiciels libres pour le développement de l’Europe, lors des récentes auditions par le Parlement européen. Face multinationales de l’informatique, souvent oligopolistiques dans leurs sous-secteurs, les entreprises européennes (y compris belges et bruxelloises…) doivent être encouragées à jouer avec d’autres règles, en mettant en avant d’autres modèles, comme ceux du logiciel libre et de l’économie collaborative, qui stimulent l’innovation.

Ce sont d’ailleurs ces raisons, ainsi que toutes les considérations éthiques sur les logiciels libres, qui ont motivé le choix d’Ecolo de migrer la totalité de son parc informatique vers les solutions libres, pour les systèmes d’exploitation comme les programmes et système de gestion en ligne. Ce processus, en route depuis un long moment, sera achevé avant la fin 2014.