Quartier du Midi : il faut maintenant sortir des plans mégalos et impliquer les habitants !

A l’occasion d’un débat en commission Développement territorial ce 16 novembre, nous avons appris, de la bouche de Rudi Vervoort, Ministre-Président de la Région, que la SNCB a renoncé à investir dans les abords de la gare du Midi. Il y aura 80 millions pour modifier l’intérieur de la gare et les quais, mais rien pour l’extérieur.

Concrètement, rien ne se passera au niveau des « quadrilatères », les grands espaces qui se trouvent sous les voies qui sont surélevées entre la gare et la petite ceinture. Les choses resteront en l’état. Bien sûr, la SNCB pourrait, pour la énième fois, changer d’avis, mais nous pensons qu’il ne faut pas trop tabler là dessus. Car la rénovation de ces espaces coûterait cher, mais aussi aussi pour des raisons de sécurité : si un jour un problème devait survenir dans un de ces espaces, sous les voies, cela pourrait entraîner le blocage de la moité du trafic train du pays, qui passe par là !

midi-tourLe Ministre-Président a également annoncé que le schéma directeur Midi, approuvé en janvier dernier, serait transformé en PAD – Plan d’aménagement directeur-, un nouveau dispositif, avec force réglementaire, prévu dans le futur Cobat (Code bruxellois d’aménagement du territoire) annoncé pour dans quelques mois. Il y a donc une possibilité de revoir le schéma et de lancer un véritable processus participatif. Le futur PAD doit être plus réaliste, plus opérationnel, plus connecté à la réalité que le Schéma directeur, qui est dépassé dès sa naissance.

Alors que faire ? Depuis des années, nous réclamons que le schéma directeur Midi se recentre sur des objectifs réalistes, ne soit pas un plan megalo, incertain et qui mettra 20 ans à être réalisé, comme les plans précédents (les PPAS antérieurs « Picqué » de 1992/1995, désastreux d’un point de vue urbanistique, sont seulement en phase d’achèvement). Nous plaidons pour un Plan qui mise sur les réaménagements d’espaces publics qui sont de maîtrise régionale et pour lesquels la Région dispose de budgets, y compris via Beliris. Que la Région agisse là où elle maîtrise les choses et rapidement ! Un plan qui ne s’appuie pas de manière excessive sur des éléments extérieurs très incertains, comme les intentions des promoteurs privés ou encore celles des filiales immobilières de la SNCB… La Région doit sortir de la dépendance et avancer. Le quartier du Midi ne doit pas redevenir un énorme chantier de 20 ans, soumis à des plans délirants. Misons sur de nouveaux aménagements de l’avenue Fonsny, de l’esplanade de l’Europe, de la place Horta, de la petite ceinture (passage entre esplanade de l’Europe et Boulevard du Centre) qui fassent la part belle aux déplacements piétons, aux transports en commun de surface, à l’art urbain, à la mixité des fonctions, à la verdurisation ! Ces espaces sont actuellement horribles, il faut d’urgence des aménagements dignes du 21ème siècle.

Nous demandons également que la Région renonce à creuser une trémie tram au milieu de l’avenue Fonsy. Le tram 81 doit rester en surface et passer soit par la rue Couverte, comme actuellement, soit par la rue de l’Argonne pour traverser les voies. La mise en souterrain se justifie d’autant moins qu’on sait maintenant que SNCB n’investira pas dans la rue couverte et son prolongement, les quadrilatères. L’idée de faire un « chemin piéton » sous les voies, de la gare, via la rue couverte, vers la petite ceinture, est à l’eau… autant donc contribuer à y faire passer le tram.

Par ailleurs, notons que le projet pharaonesque de nouvelle gare internationale souterraine au Midi et de nouvelle jonction Nord-Midi est aussi abandonné par la SNCB.

Alain Maron,
député régional

125 logements publics perdus à Uccle : la Région a foiré

Il n’y aura finalement pas de logements publics, ni même de logements encadrés sur le site de Cavell, et le site risque de rester vide pendant deux ans…. Tel est le résultat de l’échec cuisant de l’opération de troc formalisée entre la Région et le CHIREC, via une convention signée en 2012. De gros enjeux financiers, des montages bizarres, des accords non respectés, des occasions manquées…

cavell
Les termes du troc étaient les suivants :

– Le CHIREC obtenait un droit de superficie pour occuper la parcelle qu’il convoitait sur le site de Delta , propriété de la Région via la SAF (société foncière), en vue d’y implanter son grand hôpital (aujourd’hui à un stade avancé de construction) ;

– La Région, via la SAF, obtenait en échange la propriété d’une grande partie du bâtiment de l’hôpital Cavell afin d’y porter un projet de 125 logements, des logements de prime abord publics

A l’occasion de mon interpellation ce mercredi 8 juin, le Ministre-Président a annoncé que ce montage avait complètement capoté. Explication officielle : la convention de troc prévoyait que le CHIREC devait obtenir avant juin 2015 un certificat d’urbanisme pour 125 logements, qu’il n’a pas obtenu. Pourquoi ? Parce qu’il avait introduit un certificat pour 110 logements « seulement » et que la Région a de toute façon laissé pourrir la procédure : elle a organisé une enquête publique concernant cette demande de certificat…. puis plus rien…. dossier disparu, évaporé, resté dans les limbes… Le CHIREC comme la Région ont donc torpillé l’accord qu’ils avaient eux-même conclu !

Résultat : on est passé à un système classique de simple revente d’une partie du site Delta par la Région (SAF, aujourd’hui SAU) au CHIREC et, de l’autre côté, le CHIREC a simplement revendu le bâtiment Cavell à un promoteur privé : AG Real Estate. Plus aucune ambition ni chance d’avoir, au moins en partie, du logement public ou conventionné sur ce site. C’est dommage car Uccle est une des communes avec la plus faible emprise de logements publics ou conventionnés et que l’accès au logement y est très compliqué, y compris pour les jeunes ménages à revenus moyens. On a aussi perdu du temps avec ces chipotages et ces procédures abandonnées, et le risque est grand que le bâtiment de Cavell reste vide longtemps après le départ de l’hôpital.

Sans connaître aujourd’hui le fin mot de ce dossier, il semble clair que l’intérêt public et l’amélioration de accès au logement ne semblent pas avoir guidé la Région dans ses choix.

Rénover d’urgence les prisons de Forest et Saint Gilles, abandonner la méga prison de Haren dans le cadre d’un plan prisons global sur Bruxelles

La crise générale dans les prisons, lancinante depuis des années ,demande plus que jamais aujourd’hui des réponses globales et urgentes et cela dans le cadre d’un “Plan Prisons” sur Bruxelles. Des réponses en terme de jusprisontice, mais aussi d’infrastructures.

Or aujourd’hui en Région Bruxelloise, il faut constater que :

– La prison de Saint-Gilles n’est que partiellement rénovée; celle de Forest est dans un état de vétusté extrêmement avancé. Une série de structures et de services, y compris élémentaires, sont défaillants. Les deux prisons sont surpeuplées. Les conditions de détentions sont tellement mauvaises que la Belgique a été plusieurs fois condamnée par des organismes internationaux et qu’elles compromettent gravement une réinsertion réussie des détenus dans la société après leur emprisonnement.

– Le projet de méga-prison à Haren est une ineptie : très coûteux, peu accessible et destructeur des derniers espaces verts dans la Région ainsi que des projets citoyens intéressants.

Personne ne prend de décision dans ce dossier et nous risquons de vivre cet état de délabrement encore près de dix ans. C’est inacceptable !

ECOLO se prononce sur ce dossier pour que:

  • Les options de rénovation-reconstruction de Saint-Gilles et Forest soient approfondies et mises en oeuvre. Elles ont été sur la table auparavant et l’ « opération » Haren semble de toute façon la plus coûteuse (quelques 2 milliards, un partenariat public-privé dont on sait que le coût pour le public est désavantageux).
  • Les besoins carcéraux soient réévalués dans le respect des « Plans de détention » définis dans la loi cadre de 2005 et conformément au « Plan Justice » présenté par Koen Geens qui évoque la lutte contre la surpopulation carcérale dans les priorités et aborde les questions de détention préventive, d’exécution des peines plus adaptées, de transfert des « internés » dans des établissements spécialisés.
  • Les moyens des associations d’aide aux détenus et justiciables soient renforcés pour permettre de véritables réinsertions et un travail qualitatif en prison.

ECOLO est pour une justice dans la ville, pour des Maisons d’arrêt proches des lieux de justice, et donc également dans la ville, pour des prisons accessibles aux familles et aux professionnels de la Justice, et pour de meilleures conditions de détention. Nous devons sortir d’une forme de « Moyen Age pénitentiaire » !

Nous demandons dès lors que le Gouvernement Fédéral se prononce immédiatement et clairement pour une rénovation profonde des prisons de Saint Gilles et Forest (éventuellement reconstruction pour cette dernière) et l’abandon du projet de méga-prison à Haren. Des budgets doivent également être affectés dès aujourd’hui dans des moyens humains et d’accompagnement des détenus. Nous voulons une vision globale pour sortir de l’impasse pénitentiaire à Bruxelles et des solutions pragmatiques, rapidement mises en œuvre, respectueuses de la dignité et qui misent sur la réinsertion. Et non d’impayables projets mammouths qui misent surtout sur le béton.

Evelyne Huytebroeck, députée régionale bruxelloise et conseillère communale à Forest
Alain Maron, député régional bruxellois et conseiller communal à Saint-Gilles
Gilles Vanden Burre, député fédéral

 

 

Quartier du Midi : La Région prête à passer de l’urbanisme des années 60 à celui des années 80 !

Le fuite en avant est coulée dans le bronze : des dizaines de milliers de mètres carré de bureaux supplémentaires sont confirmés (en commençant par 70.000 pour le promoteur Atenor et son projet « Victor »), des tours et des barres de logements placées souvent « au chausse-pied » en dépit du bon sens, le « vidage » et même la destruction pure et simple de grands immeubles n’ayant que 15 ans, un nouveau tunnel et une trémie tram qui va balafrer l’avenue Fonsny qui n’est déjà pas la voirie la plus qualitative de la Région…

photo MidiLa Région bruxelloise confirme ses intentions concernant l’avenir du quartier du Midi, traduites dans un « schéma directeur ». C’est ce qui ressort clairement des réponses de Rudi Vervoort à mon interpellation et celles de mes collègues au Parlement ce jeudi 20 avril.

En fait, on a l’impression que, aux différents plans particuliers d’affectation (PPAS) de 1996 pour la zone Midi, toujours pas complètement achevés d’ailleurs et dignes d’un urbanisme des années ’60, succèdent un schéma et de futurs plans dignes d’un urbanisme des années ’80 ! Du pur « top-down » désincarné, mal fagoté, mal gouverné, où l’intérêt général est quasi totalement dans l’ombre de la promotion privée et publique (celle des filiales de la SNCB). On est reparti pour 20 ans de coulage de béton au rythme des promoteurs et sans que les pouvoirs publics ne se donnent, eux, véritablement les moyens d’investir.

Du pur style béton-bureaux

Dans le « worst of » des confirmations…

– Pour que les navetteurs puissent venir travailler en voiture dans les nouveaux bureaux… on confirme la construction d’un parking près du ring, puis l’instauration d’une nouvelle navette STIB entre ce parking et le quartier du Midi. Un comble alors que la justification de l’augmentation de densité dans le quartier est qu’il est le principal nœud de communication en transports en commun du pays !

– Pour l’essentiel, on construit d’abord les bureaux et le logement ensuite : le PDG d’Atenor a été très clair sur ses intentions sur sa parcelle, mais le phasage du schéma prévoit lui aussi globalement la priorité au bureau.

– Le financement des réaménagements d’espaces publics n’est pas clair. Il est vraisemblable qu’il reposera surtout sur les charges d’urbanisme issues des permis pour faire les bureaux. Sans bureaux, donc, pas ou moins d’espaces publics refaits… On annonce la création d’une société mixte en charge des espaces publics mais tout en nous disant que cette société de sera là que pour « coordonner » et qu’il n’y aura pas d’argent qui transitera par elle (mais alors pourquoi monter une société ? Et puis il faudra bien la doter d’un capital de départ…).

– On a quand même trouvé de l’argent public… pour creuser un nouveau tunnel. Les trams qui arrivent par Fonsny seront reliés à la petite ceinture par ce tunnel, alors que des solutions alternatives de surface sont possibles, pour autant d’accepter que le tram traverse une moitié de petite ceinture et d’y réduire la pression automobile. Mais non, on va balafrer l’avenue Fonsny avec une trémie qui la rendra encore plus moche et mettre en œuvre une solution souterraine hyper coûteuse et longue à réaliser.

La Région aurait par ailleurs obtenu confirmation que la SNCB investirait 80 millions dans la rénovation de la gare. C’est déjà çà. Mais tout le monde reconnaît que ce montant est insuffisant pour une véritable mise à niveau de la plus importante gare du pays et ne concerne nullement les abords. C’est le service minimum…

Alors rêvons… D’un accord entre SNCB et Région, conscientes de l’enjeu collectif lié à la gare et ses abords. D’une volonté réelle de rattraper les erreurs du passé (les plans Picqué des années ’90). D’une attention particulière aux habitants, à la convivialité, à la rencontre, à la mixité réelle des fonctions, aux déplacements actifs. De gestes clairs dans la direction d’une ville où on miserait d’abord sur la qualité de vie, même dans un quartier comme celui-là. D’un schéma qui ne miserait pas sur le béton mais sur une densification raisonnée et raisonnable. Bref, d’un urbanisme du 21ème siècle comme on le trouve dans de plus en plus de ville dans le monde… Utopique ? Peut être. Mais sans doute moins absurde et déconnecté des réalités d’aujourd’hui que ce qui est sur la table de la part de la Région.

 

 

Des éléphants blancs au Midi ?

La Région se dote d’un nouveau schéma directeur pour le quartier du Midi. Il est très ambitieux, avec de gros projets. Mais plusieurs d’entre eux semblent problématiques. Il y a surtout l’impression que les moyens ne suivront pas, et que beaucoup d’éléments ne se réaliseront pas. Ce schéma risque de devenir un cimetière d' »éléphants blancs », ces réalisations publiques d’envergure, souvent plus coûteuses que bénéfiques, ou ne répondant pas à des besoins réels.

Ca y est… Le gouvernement régional a approuvé la première mouture d’un nouveau « schéma directeur » pour le quartier du Midi fin avril, qui a été présenté fin juin au Parlement régional par le Bureau d’étude qui l’a réalisé. Objectif: transformer le quartier en deux phases d’ici 2020 et 2025/2030. On en reprend pour 15 ans, donc. Au moins.

Pour rappel, le quartier a déjà été massivement transformé par les Plans particuliers d’affectation du sol (PPAS) de 1992 et 1996… qui ne sont pas encore tout à fait concrétisés, par ailleurs.

Rattraper les erreurs du passé récent

Le menu présente, ceci dit, des éléments intéressants :
– une révision complète des espaces publics avec une bien meilleure attention à leur qualité globale et leur praticabilité pour les piétons;
– une refonte complète de la « rue couverte » qui passe sous les voies de chemin de fer, ainsi que des « quadrilatères », la grande zone sous ces voies;
– une place pour les vélos (pistes cyclables nouvelles et grand parking vélo);
– une « verdurisation » via plantation massive d’arbres (avec quand même des questions pratiques concernant les espaces massivement et très intensivement occupés par le marché du Midi tous les dimanches… Ces arbres risquent d’être rapidement abîmés);
– une ré introduction d’équipements collectifs (équipements culturels, de jeunesse,…).

Fonsny 2015Il est vrai que la situation actuelle, issue des PPAS des années ’90, ne peut perdurer. Les espaces publics sont médiocres, dangereux, indignes des abords de la principale gare du pays et porte d’entrée de la capitale de l’Europe pour les voyageurs internationaux. L’Agence de développement territorial (ADT), un organisme régional, l’a elle-même diagnostiqué dans sa note d’orientation pour le quartier de 2012.

Rentabiliser le foncier et donc faire rentrer des mètres carrés au chausse-pied

Le groupe privé Atenor, propriétaire d’une parcelle près de la tour du Midi, veut la rentabiliser, en construisant le maximum de mètres carrés. D’où le projet « Victor » avec 3 tours, dont la plus haute est juste un peu plus basse que la tour du Midi (150 mètres de haut). Ce projet est globalement validé par le schéma directeur, même si le nombre de mètres carrés de bureaux est légèrement revu à la baisse au profit du logement (60.000 m² de bureaux pour 37.500 m² de logement, soit 62 % de bureaux quand même !)

schéma Midi 2015Le projet valide aussi les projets de bureaux de la SNCB, le long de l’avenue Fonsny. Et, « en compensation », des tours de bureaux du côté de la rue de France.

Au total, si on accumule les projets, on en arrive à un nombre total de mètres carrés de bureaux qui oscille entre 182.000 et 251.000, et entre 195.500 et 228.000 m² de logement. Soit un total qui varie entre 380.000 et 480.000 m². A mettre en parallèle avec les 300.000 m² issus des PPAS des années ’90 et toujours pas entièrement finalisés !

A noter que l’essentiel des projets de bureaux arrivent en phase 1 (avant 2020) tandis que l’essentiel des projets de logement sont relégués en phase 2 (2025-2030). Autant dire que, si on est quasi sûrs que le projet Victor d’Atenor se fera, les projets de logement sont, à ce stade, assez hautement hypothétiques. C’est d’autant plus grave que si on désire « rendre vie » à ce quartier, il y aurait lieu de commencer par le logement et les équipements collectifs. Les bureaux en plus ne vont améliorer en rien la situation d’un quartier qui manque de vie de façon générale , mais surtout en soirée et le week-end.

Par ailleurs, les implantations et les gabarits prévus posent question dans bien des cas. On a souvent l’impression qu’on a fait rentrer les immeubles « au chausse-pied ».

Un impact économique inconnu

Lors de l’audition des auteurs de projets, nous avons essayé de savoir si des études avaient été effectuées pour mesurer l’impact de la mise sur le marché de telles surfaces supplémentaires de bureaux, mais aussi de commerces (qui seront implantés dans les quadrilatères et au « pied » des divers projets de tours). La réponse fut négative.

Les 300.000 m² pour l’essentiel de bureaux et hôtels construits dans la cadre des PPAS antérieurs ont mis quasi 20 ans à être réalisés puis absorbés par le marché. Quid cette fois-ci, vu le contexte économique ? Quant aux commerces, ne vont-ils pas concurrencer ceux du centre-ville, mais aussi ceux qui existent déjà dans la zone midi et les autres noyaux commerciaux de Saint-Gilles et Anderlecht ? On navigue à vue…

On entend d’ailleurs déjà que, si la SNCB construit ses nouveaux bureaux, elle délaissera ceux qui se trouvent au coin Mérode-Fonsny-rue d’Angleterre , réalisés il y a 15 ans dans le cadre du PPAS Fonsny 2, et qui se retrouveront vides sans nécessairement trouver preneurs…

L’avenue Fonsny balafrée

Le schéma directeur valide aussi une très ancienne marotte de la STIB: la mise en souterrain des trams, en creusant une trémie (une entrée de tunnel) avenue Fonsny. Le tram partant ensuite  vers la station STIB souterraine Gare du Midi, puis la future station souterraine Constitution, avant de remonter sur la petite ceinture, direction du Canal.

Le « balafrage » de l’avenue Fonsny est une catastrophe urbanistique. Cette avenue est déjà peu sympathique aujourd’hui , mais avec de nouveaux immeubles de hauts gabarits installés sur le talus, plus une trémie au milieu, il y a fort à parier qu’elle devienne carrément glauque et encore plus difficile à franchir par les piétons (notamment tous ceux qui sortent de la gare par le couloir sud). Rappelons que cette avenue est un des axes d’entrée/sortie de Bruxelles, mais également qu’elle est habitée sur un très large tronçon. Cette décision est d’autant plus mauvaise qu’il existe des solution alternative en surface, en faisant passer le tram par la rue d’Argonne, là où elle passe sous les voies.

Par ailleurs, le schéma prévoit que le niveau de pression automobile dans le quartier ne diminue pas. L’objectif est simplement de la maintenir au niveau actuel, pourtant assez insupportable. Et pour y arriver malgré les milliers d’utilisateurs en plus de la zone, il est question de construire un parking de délestage près du Ring (non prévu dans les plans du gouvernement par ailleurs) et de mettre en place une navette spéciale entre ce parking et le quartier du Midi. Une idée un peu folklorique quand on sait les besoins cruciaux d’investissement en transports en commun par ailleurs, au profit des navetteurs, mais aussi des Bruxellois (qui ici n’y gagneraient rien).

C’est un vrai schéma, réaliste et crédible, qu’il faut

Le schéma directeur sous sa forme actuelle repose en partie sur du sable. Par exemple, le projet de gare internationale de la SNCB n’y figure pas. Si la SNCB devait s’engager dans ce projet, cela remettrait en cause le phasage mais aussi une partie du contenu de la phase 2 du schéma.

Par ailleurs, les intentions de la SNCB ne sont pas claires concernant ses projets immobiliers et les projets sur son propre foncier (excepté le travail sur les quadrilatères, qui semble acquis). L’époque est à la réduction des risques financiers et la contraction des investissements publics.

Une partie des réaménagements d’espaces publics seront financés par les charges d’urbanisme et dépendent donc de la délivrance de permis… dont les demandes ne seront peut être jamais déposées.

Je plaide pour un schéma directeur « resserré », centré essentiellement sur les espaces publics et la création parcimonieuse et urbanistiquement intelligente de logements et équipements collectifs, avec des objectifs réalistes et un calendrier qui soit crédible.

Ce schéma-ci, adopté par le Gouvernement, semble principalement fait sur mesure pour des projets immobiliers à la fois incertains et à l’utilité publique hasardeuse. Sans compter des options de mobilité tout simplement mauvaises.

Il faut passer à autre chose, sous peine de rééditer les erreurs du passé et risquer de soumettre à nouveau le quartier à 25 ans d’errements et de traumatismes.

Les Contrats de Rénovation Urbaine: 110 millions pour un outil fantôme

Après l’annonce fin décembre dans la presse des deux nouveaux Contrats de quartier durables (CDQD) et des cinq tout nouveaux Contrats de Rénovation Urbaine (CRU) décidés par le gouvernement régional, j’ai interpellé ce mardi 3 février le Ministre-Président sur les avancées de ces nouveaux dispositifs importants pour les personnes qui vivent dans ces quartiers. Il fallait faire le point.

Les réponses apportées se sont avérées décevantes. Manque de clarté, procédures hasardeuses… En effet, les modifications devant être apportées à l’ordonnance Rénovation urbaine pour déployer les nouveaux Contrats de rénovation urbaines seront présentées d’ici « quelques mois » seulement en gouvernement. Le temps du cheminement législatif, aucune procédure concrète et officielle ne peut-être attendue avant la fin de l’année 2015. Pourtant, 110 millions de programme pluriannuel ont été inscrit au budget 2015. Ces moyens mis à disposition ne seront donc vraisemblablement pas entamés, ou une part infime. Pourquoi le gouvernement bruxellois a-t-il alors décidé de n’inscrire que deux Contrats de quartier durables en 2015, et pas quatre comme auparavant ? On retire de l’argent des contrats de quartier (la moitié du budget annuel) au profit d’un dispositif… qui n’existe pas encore ! Et qui n’existera pas concrètement avant la fin de 2015.

Pourquoi ce transfert de moyens si rien n’est prêt, si une année de travail législatif est encore nécessaire ? Le gouvernement fera une économie de 110 millions cette année, mais c’est un choix difficilement compréhensible…

Le dispositif « CRU » est également hasardeux car aucune des communes touchées par les périmètres préciblés – mais devant être précisés après études – n’ont été concertées. Critères avancés : il s’agit de zones qui touchent au dix quartiers définis dans la déclaration de politique générale comme étant prioritaires, et sont inclus dans la Zone de Rénovation Urbaine. C’est plus que flou et, au final, souvent arbitraire.

Un nouveau Parvis, sinon rien ?

Le jeudi 4 septembre dernier, une exposition sur le réaménagement à venir du Parvis de Saint-Gilles a été inaugurée à la Maison du Peuple. La soirée de vernissage a incontestablement rencontré un certain succès, mais l’exposition n’a été accessible que quelques jours ensuite. Une expo assez légère : quelques panneaux pour illustrer les 4 projets « finalistes » de la procédure, ainsi que le projet finalement retenu, avec peu d’explications. Elle permet néanmoins de se faire une idée assez précise du projet élu, basée sur une complète destruction-reconstruction de la voirie du Parvis, à partir de la rue de Moscou au jusqu’au bas de la rue du Fort.

A l’occasion du Conseil communal du 11 septembre dernier, j’ai interpellé le Collège, au nom du groupe Ecolo-Groen, sur l’avenir du Parvis. De quoi obtenir quelques informations : le permis devrait être déposé en 2015, on est parti pour 2 ans de travaux sur 2016-2017 (le Parvis devra être ouvert complètement pour les câbles et canalisations d’abord puis pour les travaux proprement dits) et le financement de l’opération est assuré par la commune sur fonds propres (il n’y a pas de subvention régionale ou fédérale).

Le point le plus positif du projet, à nos yeux, est que la connexion entre le petit et le grand Parvis (le passage de la chaussée de Waterloo) sera facilitée. La chaussée sera rétrécie et surélevée au même niveau que tout le Parvis : il y aura donc une voirie « continue » et la traversée piétonne, qui est actuellement dangereuse et mal fichue, sera plus aisée et devrait être sécurisée.

Opportunité, arbres et participation

Dans les mois qui viennent, nous serons en tout cas particulièrement attentifs à divers éléments :

La question de l’opportunité elle-même du projet. Le projet retenu ne nous semble pas en soi problématique, sauf sur certains aspects, comme la disparition totale des arbres. Mais une alternative légère, avec une « mise à jour du Parvis » (réparations, nouvel éclairage, nouveau mobilier urbain, travail sur la chaussée de Waterloo et sa traversée), ne serait-elle pas finalement plus opportune ? Le Parvis fonctionne en fait très bien ; il n’y a pas de souci particulier au niveau de son utilisation actuelle et les aménagements prévus ne visent pas à modifier les fonctions. Dit autrement : après les travaux, ça sera assez incontestablement plus joli, mais ça ne changera rien à la manière d’utiliser le lieu. Le jeu en vaut-il dès lors la chandelle ? D’autant que l’argent sur fonds propres investi là ne le sera pas ailleurs par la commune, alors que les besoins sont criants sur d’autres fonctions (nouvelles places en crèches, écoles, voiries en mauvais état,…).

Le projet pour la place Janson

Le projet pour la place Janson

Que se passe-t-il avec le Carré Hôtel des Monnaies (la place Marie Janson), qui jouxte le Parvis ? Le débat au Conseil a fait émerger que les travaux sur le Parvis allaient retarder d’autant l’aménagement de cette place. C’est problématique, d’autant que cet espace-là, dont l’aménagement date du début de l’ère Picqué, pose problème et mérite très largement d’être tout à fait modifié. L’exposition du Maître Architecte actuellement en cours nous a permis de découvrir la maquette de l’aménagement prévu : un parking sous-terrain avec, en guise de toiture, un « centre d’interprétation » Art Nouveau accueillant, à l’horizontale, une façade ancienne que Charles Picqué s’est attribué alors qu’il était encore Ministre régional de l’Urbanisme ; un parc devant occuper le reste de l’espace. Pas sûr que ce centre d’interprétation et ce parking sous-terrain payant répondent véritablement aux besoins et attentes des Saint-Gillois…

– Il faut garantir de la participation en amont du dépôt du permis. Ne pas se contenter des procédures légales une fois le permis déposé. Le Parvis est le coeur de la commune : les habitants, les commerçants et les utilisateurs doivent nécessairement être concertés. Il faut mobiliser l’intelligence collective ! L’échevine s’est engagée sur ce point, parlant de « consultation populaire »… mais il est probable que ses mots aient dépassé sa pensée…

– La problématique des arbres. Les débats suites aux questions d’Aziz Albishari et moi même pour le groupe Ecolo-Groen ont montré qu’il était tout à fait possible d’avoir des arbres grands et sains sur une bonne part du Parvis. Les arbres actuels sont pour la plupart en mauvais état, mais c’est tout simplement parce qu’ils ne bénéficient que d’un trop petit nombre de mètres cube de terre; l’implantation de départ a été mal conçue.

Le bruit. Les nouveaux aménagements ne peuvent amener à des terrasses encore plus grandes, qui rendront le Parvis et les alentours invivables pour cause de nuisances sonores.  Le rapport sur les incidences environnementales réalisé dans le cadre du plan particulier pour l’aménagement de la place Janson avait d’ailleurs pointé qu’on avait atteint une limite maximale au niveau des nuisances sonores dans la zone.

Sur ce dossier emblématique, il est hors de question que les choses soient mal faites. Et hors de question aussi que la volonté communale de rendre le Parvis encore plus branché et attractif pour les utilisateurs extérieurs, la volonté de « gentrification », ne se fasse au détriment des habitants.  N’hésitez pas à venir vers moi ou vers mes collègues du groupe Ecolo-Groen au Conseil si vous avez des questions, remarques ou appréciations !